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Daniel Goa: « Notre projet de société n’est pas la bible. Il est à discuter et à améliorer »

politique
invité du dimanche Goa
Daniel Goa, le président de l'Union Calédonienne, était l'invité du journal télévisé ce dimanche 27 mars 2016. ©NC 1ERE
Daniel Goa, le président de l’Union Calédonienne (UC), était l’invité du JT ce dimanche 27 mars. Il s’est notamment exprimé sur le conflit des rouleurs, la sortie de l’Accord de Nouméa, ou encore sur les dissensions au sein de son parti…
 « On n'a toujours pas mis en œuvre ce que l’on a signé »

Vendredi dernier, Max Foucher, le président du ContraKmine, a lancé un ultimatum au président du gouvernement Philippe Germain concernant l'ouverture des exportations de latérites. Il presse le gouvernement de trouver des solutions sous peine de bloquer le pays dans les jours à venir. Pour Daniel Goa, médiateur lors du conflit des rouleurs, le protocole d’accord signé en août dernier n’est toujours pas mis en œuvre.  

« La situation de QNI aggrave la situation des mineurs et des rouleurs. Nous sommes dans une période où il faut être réactifs pour répondre à ces problèmes donc toutes les clés sont dans les mains du gouvernement »

« Ce n’est pas à l’Etat de choisir les partenaires avec qui il veut discuter » 

L'Union Calédonienne a boycotté la réunion plénière sur l'avenir institutionnel qui s’est tenue le vendredi 18 mars au Haut-commissariat. Dans un communiqué diffusé la veille de la réunion, Daniel Goa invoquait un déséquilibre dans la représentativité et un désaccord sur la méthode. 
Depuis les studios de Nc 1ère à Koné, le président de l’Union Calédonienne a regretté la méthode utilisée par l’Etat.  « Ce n’est pas à l’Etat de choisir les partenaires avec qui il veut discuter. L’Union Calédonienne c’est la structure politique et non pas le groupe au Congrès. C’est comme si moi pour parler de la sortie de l’Accord de Nouméa, je choisis d’écarter Philippe Gomes ou Pierre Frogier, cela n’a pas de sens. Etant donné qu’il faut discuter de la sortie, il me semble que chaque parti politique qui a un élu devrait être présent dans les discussions car chaque citoyen est concerné mais ce n’est pas l’option que l’Etat a choisi »

« Il fallait remettre les choses à plat et repositionner fortement » 

Interrogé sur les dissensions au sein de son parti, Daniel Goa dit avoir clarifié les choses « On a l’habitude de laisser les gens s’exprimer dans les secteurs qui les concernent. Au fur et à mesure du temps, on a fini par oublier les règles alors aujourd’hui il fallait remettre les choses à plat et repositionner fortement »

«Notre projet de société n’est pas la bible, il est à discuter et à améliorer »

L’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté en 2018, Daniel Goa a réaffirmé ce dimanche soir l’objectif du camp indépendantiste. Pour l’UC, pas de troisième « Accord » possible « Si on n’a pas réussi aujourd’hui après 30 ans d’Accord (NDLR: Les Accords de Matignon-Oudinot signés en 1988)  qu’est ce qu’on fera en quatre ans ? » Avant d’ajouter que « chacun a sa place dans le projet de société que nous proposons. Les français s’ils veulent y vivre on mettra en place des droits, ils pourront partir quand ils voudront et la citoyenneté sera accordée à ceux qui en feront la demande avec des tests qui fixeront les modalités. Sur les rapports avec la France, depuis 1853 la France est avec nous, nous partageons une culture. Elle est aussi tenue par sa responsabilité d’ancien colonisateur. Nous devons discuter de nos nouvelles relations avec la France »   
  

Retrouvez l'intégralité de l'entretien avec Daniel Goa, conduit par Alexandre Rosada, en replay (JT du 27 mars 2016). 

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