Disparition d'Aloï Pilioko, peintre prolifique du Pacifique

art wallis
Aloi Pilioko en janvier 2020
©Malia Noukouan
Une vie qui aurait pu être celle d'un roman, une oeuvre foisonnante et colorée : l'artiste Aloï Pilioko est décédé à l'âge de 85 ans. Originaire de Wallis, il s'était installé dans les années 50 à Port-Vila dans une maison devenue également une oeuvre à elle toute seule.
Peintre aux couleurs vives, personnalité attachante et originale, Aloï Pilioko dont on a appris le décès ce mardi, était une figure de l’art du Pacifique.
Originaire d’Uvea, à Wallis, il s’installe dans les années 50 aux Nouvelles-Hébrides, devenues aujourd’hui le Vanuatu.
 
Des oeuvres d'Aloï
©Malia Noukouan

Mais c’est à Nouméa qu’il rencontre celui avec qui il développera, en parallèle de son propre travail, une oeuvre commune, le peintre français d’origine russe  Nicolaï Michoutouchkine. Celui-ci remarque les talents artistique d'Aloï et l'encourage dans sa création. Les deux artistes ne se quitteront plus. Aloï part rejoindre Nicolaï, qui est parti travailler à Futuna. Là-bas Aloï Pilioko apprend l'art de la broderie, qui aura une influence majeure dans sa carrière. Lors de leur séjour à Futuna, ils collectionnent de très belles pièces et en 1961 ils quittent Futuna pour revenir au Vanuatu.
 

Exposé de Paris à Moscou

A partir de là, Aloï et Nicolaï enchaînent les voyages à travers le Pacifique, rencontrant artistes, personnalités et collectant des objets. Ce sont les premiers à oser exposer des œuvres contemporaines avec des objets traditionnels. Ils sont considérés comme les précurseurs du courant artistique contemporain dans le Pacifique et ont participé à son développement, en organisant des ateliers d'artistes.

Reconnus dans le monde entier, ils voyagent et exposent un peu partout de Paris à Moscou.

Installés à Esnaar, au sud de Port-Vila, les deux hommes font de leur lieu de vie une œuvre à part entière, devenue la fondation « Pilioko-Michoutouchkine ». Une œuvre qu’Aloï perpétuera après la mort de son Michoutouchkine en 2010.
 
Maison de Pilioki
©Charlotte Mannevy

Ce lundi, l'ensemble du monde artistique s'est ému de la disparition de l'artiste de 85 ans, figure attachante et sensible, qui signait parfois ses oeuvre « Nicaloï », en hommage à son compagnon disparu.
 
C'était un « artiste essentiel dans la région Pacifique », « important et complètement iconoclaste », selon Guillaume Soulard, le directeur artistique du Centre Culturel de Tjibaou, à Nouméa, qui dispose de quelques-unes de ses oeuvres. « Il a revisité les expressions du Pacifique d'une manière étonnante, colorée, inventive » et « peignait sur tous les supports ».
Son témoignage à écouter ici.

ITW guillaume Soulard

Ecoutez le témoignage de son ami Clément Martinez, restaurateur à Port-Vila. Il est au micro d'Hilaire Bule 

 
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