Du pétrole et de la Chine en général, du nickel et de la Nouvelle-Calédonie en particulier

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Chef d'équipe de construction chinois en 2011 sur le site de l'usine du Nord en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Les prix du pétrole repartaient en légère hausse mercredi, après des pertes importantes essuyées la veille. L’offre mondiale de nickel reste insuffisante, malgré une hausse en mars de la production de la Nouvelle-Calédonie.

Le pétrole a repris de la vigueur mercredi, après l'annonce de la suspension des livraisons de gaz russe à la Bulgarie et la Pologne, ravivant les craintes de ruptures d'approvisionnement d'hydrocarbures russes.

Mais ce sont les craintes d'un confinement général à Pékin, capitale de la Chine, comme à Shanghai, qui risquent de détruire la demande en or noir.

Confinement en Chine 

La Chine affronte depuis mars une flambée épidémique qui touche à des degrés divers de nombreuses provinces. Elle y répond par une stratégie zéro-Covid, c'est-à-dire principalement par des mises en quarantaine et des dépistages massifs.

"Ces mesures ne sont pas de bon augure pour la croissance de la demande de pétrole chez le plus grand importateur de pétrole brut du monde", commente Tamas Varga, de PVM Energy. La ville la plus durement touchée est Shanghai, mais plus d'une centaine de cas positifs ont été également recensés depuis la semaine dernière à Pékin.

"À Pékin, des tests de masse sont en train d'être déployés dans toute la capitale, suscitant des inquiétudes quant à un verrouillage de toute la ville, comme à Shanghai, et à ce que cela signifierait pour les perspectives de croissance de la Chine", explique Victoria Scholar, analyste chez Interactive investor, interrogé par l'AFP.

Les métaux industriels secoués

L'inquiétude touche également les métaux industriels - dont la Chine est une grande consommatrice - qui ont enregistré des baisses conséquentes de prix depuis lundi sur le London Metal Exchange (LME). Le LME Index, un indice qui intègre les prix de l'aluminium, du cuivre, du plomb, du nickel, de l'étain et du zinc échangés sur le LME, affichait 4.892 points mercredi, en légère reprise après deux jours de baisse, mais effaçant tous ses gains de mars et avril.

Les pondérations des six métaux sont dérivées du volume de production mondial et de la liquidité commerciale moyenne sur la période de cinq ans précédente.

"Il faut relativiser. Dans ce panier de matières premières, c’est le cuivre qui a fortement baissé à cause de la faiblesse de la demande chinoise. Le nickel est stable. Le souci général c’est le manque de liquidités sur le marché des métaux et le sentiment négatif qui domine avec un risque de confinement en Chine durant tout le mois de mai », indique Jim Lennon, expert néo-zélandais du nickel.

La résistance du nickel

Le prix affiché du nickel à trois mois affiche en effet une belle résistance. La baisse envisagée de la demande chinoise en cas de confinement général étant compensée par la faiblesse actuelle de l’offre mondiale, malgré un léger mieux en Nouvelle-Calédonie.

La production métallurgique du Territoire a fortement augmenté en mars, celle de la SLN, de Prony, et plus particulièrement d'abord celle de la grande usine de Koniambo Nickel qui est en passe de réussir son pari industriel 

Jim Lennon

Consultant investissements nickel Macquarie Bank

Hausse du dollar

L'euro reculait mercredi à son plus bas niveau en cinq ans face au dollar américain, valeur refuge galvanisée par les craintes sur la guerre en Ukraine et la reprise de la pandémie en Chine. Vers 08H10 GMT (10H10 à Paris), l'euro cédait 0,24% à 1,0612 dollar, quelques instants après avoir sombré jusqu'à 1,0588 dollar, un plus bas depuis 2017.  

Le nickel, la Calédonie et le LME de Londres 

Matthew Chamberlain, le Président de la Bourse des métaux de Londres parle.

©la1ere

LME Nickel (provisoire) 12:05 GMT 27/04/2022 : 33.529 dollars/tonne +1,39 %