Gestion et préservation des roussettes : Malik Oedin, chargé de projet gestion concertée des roussettes en province Nord, invité de la matinale

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Malik Oedin
Malik Oedin, chargé de projet gestion concertée des roussettes en province Nord, était l'invité de la matinale. ©Sylvain Derne pour NC La 1ère
Le premier forum dédié aux roussettes se tiendra, ce samedi, au centre culturel Goa Ma Bwarhat, à Hienghène. Organisé par la province Nord, en partenariat avec l’association Doo Hun, l’objectif est de sensibiliser sur l'état des espèces fortement menacées par les activités humaines. Malik Oedin, chargé de projet gestion concertée des roussettes en province Nord, était l’invité de la matinale le vendredi 7 octobre.

La Nouvelle-Calédonie abrite quatre espèces de roussettes, dont trois sont endémiques. Toutes sont présentes en province Nord, c'est-à-dire environ 650 000, soit 80% de la population totale. Les roussettes vivent essentiellement en petites colonies de quelques centaines d’individus dans des gîtes permanents (nids) ou temporaires (campements). Selon les dernières données scientifiques, 400 gîtes actifs sont répartis dans toute la province Nord. Mais, ils diminuent, car au moins 120 gîtes ont disparu en 40 ans. "La population de roussettes est clairement en déclin", a indiqué Malik Oedin.   

Jusqu’à 150 000 roussettes tuées par an

L’espèce est principalement menacée par la chasse et le braconnage. "On a un prélèvement estimé à plus de 52 000 roussettes chaque année, par la chasse et le braconnage. Ce qui représente 8% de la population totale". Et pourtant, assure-t-il, "il faudrait que l’homme prélève au maximum 15 000 roussettes par an pour maintenir l’espèce". Seule solution aujourd’hui pour réduire l’intensité du déclin : "il faut qu’il y ait une prise de conscience, que chacun s’autorégule et diminue ses prélèvements car on ne peut pas mettre un garde-nature ou un gendarme derrière chaque habitant."

Mais l’homme n’est pas le seul responsable, chaque année plus de 40 000 roussettes sont consommées par les chats harets. Ces chats domestiques redevenus sauvages, qui font partie des espèces envahissantes les plus néfastes pour la biodiversité. "Ce sont surtout les roussettes rousses et noires qui sont consommées par les chats harets". Les incendies, les cyclones ou encore l’urbanisation détruisent également les habitats des roussettes, les rendant ainsi plus vulnérables.

Préserver les roussettes

Depuis 2020, la province Nord a engagé un vaste chantier de concertation entre chasseurs, gestionnaires de l’environnement, associations environnementales et scientifiques. Une concertation de grande ampleur qui fait partie du programme "Horizon roussettes". L’objectif est d’identifier des propositions et de sensibiliser le plus grand nombre à la préservation des roussettes. C’est dans ce cadre que le premier grand forum dédié aux roussettes est organisé, ce samedi, à Hienghène. "C’est une attente forte des populations, des scientifiques et des associations avec le soutien de l’Office français de la biodiversité. Un gros travail de concertation a été mené en amont avec un groupe d’une vingtaine d’habitants de la province Nord. Ils ont co-construit des propositions de gestion qui seront présentées durant le forum, et les gens pourront donner leur avis. Ce qui permettra de remettre un cahier de recommandations à la province Nord. Les élus pourront ainsi décider de la gestion qu’ils souhaitent mettre en place pour demain en fonction des enjeux socio-culturels", a-t-il conclu.

Un entretien à retrouver ici.