La Calédonie se prépare à taxer le tourisme de croisière

gouvernement de nouvelle-calédonie
Pacific explorer, retour des paquebots de croisière en escale touristique à Nouméa, début octobre 2022.
Retour des paquebots de croisière en escale touristique à Nouméa, début octobre 2022. ©Charlotte Mestre / NC la 1ère
Taxer chaque navire de croisière qui fait escale en Nouvelle-Calédonie, c'est le projet du gouvernement à présent que la venue de paquebots est à nouveau autorisée. Un texte en ce sens a été adopté ce mercredi, reste à le soumettre au Congrès.

Le texte a émergé de la séance hebdomadaire au gouvernement alors qu'un premier paquebot était à nouveau à quai à Nouméa, pas loin de là. Ce mercredi 5 octobre, un avant-projet de loi du pays a été voté par l'exécutif pour instaurer une taxe "perçue à chaque escale touristique de tout navire de croisière, en provenance de l’étranger, effectuant une croisière touristique en Nouvelle-Calédonie." 

Qui serait concerné ?

Le projet a déjà été évoqué. Le montant d'une telle taxation serait calculé en fonction du nombre de passagers à bord, combiné au nombre d'escales en Calédonie. Sans concerner les membres d'équipage, les enfants de moins d'un an ni les personnes sur le bateau pour cas de force majeures. Ni les navires de croisière calédoniens effectuant des voyages inter-îles.

Quel mode de calcul ?

La proposition doit passer devant le Congrès. Quant aux tarifs à appliquer, par passager et par escale, ils seraient fixés par la suite, via une délibération prise également boulevard Vauban. "Dans le cas d’un navire ne réalisant qu’une seule escale sur le territoire, un plein tarif s’applique, précis elle communiqué du gouvernement. En cas d’escales multiples, un tarif réduit s’applique à la deuxième escale ainsi qu’aux suivantes." Une taxe due dans les dix jours suivant le départ du paquebot.

Quelles sommes attendues ? 

"Les croisiéristes ayant été absents de Nouvelle-Calédonie de mars 2020 à octobre 2022, l’estimation du rendement de cette taxe a été réalisée sur la base des données recueillies sur la période allant de 2017 à 2019, détaille l'exécutif. Ainsi, si cette taxe était appliquée aux nombre de croisiéristes ayant fait escale en Nouvelle- Calédonie en 2017, 2018 et 2019, avec des tarifs fixés à 1 500 francs en tarif plein et 1 000 francs en tarif réduit, elle aurait rapporté entre 961 millions et 1,3 milliard de francs par an." 

Pour quoi faire ? 

"Jusque-là, la Nouvelle-Calédonie ne disposait d’aucun moyen de perception de revenus sur l’activité de croisière, rappelle le gouvernement, en défendant : "La mise en place d’une telle taxe permettrait aux communes accueillant les escales, au Port autonome, ainsi qu’à l’agence de promotion touristique du pays, Nouvelle-Calédonie Tourisme, de bénéficier des recettes qui en découleraient."
Bref, plusieurs objectifs affichés :

  • favoriser l’essor de l’économie touristique ;
  • améliorer les conditions d’accueil des croisiéristes et les actions qui y participent ;
  • développer les infrastructures portuaires et les aménagements touristiques nécessaires.

A noter que la séance de ce mercredi était présidée par la vice-présidente, Isabelle Champmoreau, pour cause de président Mapou en déplacement.