Le cyber-harcèlement: une réalité pour les jeunes Calédoniennes

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Cyberharcèlement
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En Calédonie, les violences faites aux femmes ne sont pas seulement physiques, elles peuvent être psychologiques et même numériques. C'est ce que l'on appelle le cyber-harcèlement à caractère sexuel. Un phénomène répandu chez les jeunes, dont sont principalement victimes les filles mineures.

Dans son bureau de nouméa, les membres du comité de promotion de la santé sexuelle et affective, une organisation à but non lucratif, rencontre fréquemment des victimes de cyber-harcèlement. «Ça peut être juste des commentaires qui vont être partagés et likés. Des commentaires un peu désobligeants bien sûr. Ça peut être aussi une vidéo ou un photographie qui va être partagée. Pas forcément une photo sur laquelle la personne est dénudée, mais une vidéo toute simple qui va être recommentée avec des injures. Et bien sûr, cela peut être une vidéo à caractère plus intime», explique Amélie Gauquelin, directrice opérationnelle de CP2S. 

Bien sûr, cela peut être une vidéo à caractère plus intime

- Amélie Gauquelin, directrice opérationnelle de CP2S

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Jusqu'à trois ans de prison

En Nouvelle-Calédonie, cette problématique touche principalement les collégiennes et les lycéennes, et cela ne s’arrête pas durant les vacances scolaires. Pourtant, aucune statistique n'existe sur le sujet. En 2015, en Métropole, une enquête commandée par le centre Hubertine-Auclert, spécialisée dans l’égalité hommes-femmes, met en évidence qu’une fille sur onze, âgées de 12 à 16 ans, a déjà été victime de cyber-harcèlement à caractère sexuel. « Souvent, dans les exemples que j'ai eu, les établissements scolaires ont bien réagi. Mais il n'empêche qu'une plainte c'est quelque chose qui, à mon sens, est important. Publier des photos ou harceler en commentant sur internet ce sont des infractions pénales qui peuvent être punies jusqu'à trois ans de prison», précise Maître Laure Chatain, avocate du barreau de Nouméa.

Laure Chatain
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Un premier pas vers la reconstruction

Les avocats tiennent à souligner que porter plainte est un droit, pour les associations, c’est un premier pas vers la reconstruction. Elles encouragent d’ailleurs les personnes à se confier et à demander de l’aide notamment via les plateformes d’écoute. 

Le reportage de Natacha Lassauce-Cognard et Carawiane Carawiane: