Le patron du LME restera en place et pour lui l'industrie calédonienne du nickel est essentielle à la transition énergétique

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Matthew Chamberlain, directeur général (CEO) du London Metal Exchange (LME) ©Alain Jeannin
Le patron du London Metal Exchange (LME) Matthew Chamberlain restera finalement à la tête de la célèbre Bourse des métaux de Londres, chahutée récemment par la folle envolée du nickel, a annoncé le Hong Kong Exchanges and Clearing Limited (HKEX), propriétaire du LME.

 "M. Chamberlain, qui avait annoncé son départ au début de l'année, restera au sein du groupe", a fait savoir la bourse des métaux de Londres dans un communiqué de presse du HKEX publié mercredi sur son site. "Sa décision lui permet de poursuivre le développement à long terme du LME en tant que principal centre mondial de négociation, de couverture de risque et de détermination des prix des métaux industriels", poursuit le HKEX.

Après le chaos

Le marché a connu depuis deux semaines chaotiques déclenchées par le conflit en Ukraine, qui ont secoué fin février les échanges de nickel. La gestion de la crise par le LME avait provoqué de vives critiques des investisseurs et attiré l'attention des régulateurs britanniques.

Le métal avait connu le 8 mars dernier une envolée folle, ou une mascarade, jusqu'à plus de 100.000 dollars la tonne - transactions annulées depuis par le LME - puis plus d'une semaine d'interruption des échanges. Dans une interview accordée à La 1ère, "en raison de l'importance de la Nouvelle-Calédonie pour notre marché "commun" du nickel", Matthew Chamberlain avait redit son soutien à l'industrie du Territoire pour sa production respectueuse des droits humains et de l'environnement : "Nous avons besoin de son nickel pour assurer la transition énergétique", avait-il précisé.

Matthew Chamberlain évoque le marché du nickel et la Nouvelle-Calédonie. Reportage au LME de Londres le 22 mars 2022.

©la1ere

La Nouvelle-Calédonie compte

Fin mars, des réunions de crise avaient été organisées à Londres avec les principaux groupes mondiaux et notamment ceux présents en Nouvelle-Calédonie (Eramet, Glencore et Trafigura), afin d’envisager la possibilité d'une montée en puissance de la production mondiale et calédonienne, en cas d’interruption des livraisons russes.

La Bourse des métaux de Londres avait ensuite tenté de contenir la volatilité du métal en imposant des limites de mouvement de prix sur le nickel et les autres métaux industriels. "Je veux continuer à travailler avec l'équipe pour soutenir la santé et l'efficacité à long terme du marché", a indiqué mercredi M. Chamberlain, cité dans le communiqué.

"Nous venons tout juste de commencer à apporter des améliorations positives à long terme au marché des métaux et nous nous engageons à faire du LME un marché encore plus attractif et résilient, avec plus de liquidité et plus de participation", a-t-il ajouté.

Le directeur général du HKEX, Nicolas Aguzin, a pour sa part salué la gestion de Matthew Chamberlain "des événements sans précédent sur le marché du nickel".

M. Chamberlain avait été nommé à la tête du LME en 2017, à l'âge de 35 ans. A deux reprises, il avait indiqué soutenir vigoureusement la transition pour un nickel vert : "Nous avons besoin de la Nouvelle-Calédonie qui est un acteur essentiel du marché et un producteur responsable, un modèle pour les autres producteurs mondiaux", avait déclaré M.Chamberlain à l'occasion de deux entretiens accordés à La 1ère.

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Séance de négociation du nickel au LME de Londres ©Alain JEANNIN

Le LME existe depuis 1877. La Bourse des métaux de Londres est la filiale depuis 2012 du propriétaire de la Bourse de Hong Kong, le Hong Kong Exchanges and Compensation (HKEX), et propose de multiples contrats à terme sur les métaux non-ferreux (cuivre, aluminium, plomb, zinc, nickel et étain principalement).