Les jardineries veulent être reconnues de première nécessité

coronavirus
Jardinerie Jardiland
©Nicolas Fasquel
Alors que de nombreux Calédoniens se sont mis à jardiner et planter, le gouvernement a demandé aux jardineries de fermer leurs portes depuis le début du confinement général. Une réglementation diversement appréciée par les commerçants. 
A Jardiland, totalement désertée depuis trois semaines, chaque jour les mêmes gestes, pour sauver ce qui peut l’être.
 

Des milliers de plants jetés

Bien sûr, les clients peuvent commander sur internet, mais ici, le confinement général a réduit le chiffre d’affaires de 85%.
« Le flux qu’on est arrivé à maintenir malgré tout en s’adaptant sur le numérique ne nous permet pas du tout de vendre l’ensemble des plants qu’on produit et qu’on fournit pour les potagers de la Calédonie » regrette Guillaume Benoît, gérant de Jardiland qui a été obligé de jeter des milliers de plantes. «  Des plants de tomates, des plants de salade, des fleurettes qui permettent d’attirer les auxiliaires, tout ce qu’on peut mettre dans le potager, puisque plus de clients, donc, malheureusement, on ne peut pas maintenir des stocks vivants. C’est du périssable ».
 

Des jardineries-animaleries ouvertes

Du gâchis au moment où de nombreux Calédoniens se sont remis aux champs. D’ailleurs, certains apprentis cultivateurs ont trouvé des jardineries ouvertes comme cette coopérative agricole. 
Ici, après deux semaines de fermeture, les gérants ont décidé de rouvrir leurs portes mardi dernier. 
« Nous devons assurer un minimum vis à vis de notre clientèle, que ce soit pour le particulier ou l’agriculteur ou l’éleveur » explique Cathy Duvivier, responsable du magasin Gamm’Vert. « Donc une réouverture par rapport à la disponibilité de certains produits à savoir l’alimentation pour les animaux, les semences et quelques produits de traitement pour les jardins ou le professionnel ».
Fermeture pour certains, réouverture pour d’autres, la réglementation est pourtant claire : le jardinage ne fait pas partie des 24 secteurs commerciaux autorisés.
En revanche, il est possible d’ouvrir les commerces d’aliments pour animaux de compagnie. Pour les jardineries/animaleries, la vente de croquettes ou de grain permet donc celle des semences. 
 

« Une activité essentielle »

Mais les gérants de jardineries pures veulent, eux, que leur secteur soit, comme en Métropole, reconnu comme étant de première nécessité. 
« Le jardinage, c’est une activité essentielle. Il faut absolument qu’on ait le droit de vendre les plants comme les semences. Aujourd’hui, on ne peut vendre ni les semences, ni les outils pour les planter. Je pense qu’il faut qu’on s’aligne sur les réflexions qui ont déjà eu lieu à l’extérieur et qu’on puisse rouvrir les jardineries » souligne Guillaume Benoît, de Jardiland.  
En attendant une évolution de la règlementation, ce commerçant s’est préparé à une réouverture dans le plus strict respect des règles sanitaires.
Il espère donc que le gouvernement calédonien reconnaîtra la culture du potager ou du champ comme un élément de première nécessité, un besoin élémentaire. 
Le reportage d’Antoine Le Tenneur et Nicolas Fasquel
©nouvellecaledonie