Les nudibranches du Grand Nouméa intéressent le Muséum d'Histoire naturelle de Paris

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Des nudibranches calédoniens recensés cette semaine par l'équipe autour de Philippe Bouchet ©Ángel A. Valdés
Recenser les limaces de mer multicolores qui émerveillent les plongeurs : c’est l’objet de la présence en Calédonie de Philippe Bouchet, professeur au Muséum d’Histoire naturelle de Paris et malacologiste.

Les nudibranches sont des limaces de mer multicolores, elles peuvent être microscopiques ou faire plusieurs dizaines de centimètres. On les décrit ici depuis la fin du 19e siècle, et un guide des nudibranches calédoniens a été édité en 2010 par Jean-François Hervé. C'est la rencontre des deux hommes sur une expédition à Koumac en 2018 qui a engendré cette campagne de collecte.

Au Centre des activités nautiques de la Côte blanche, l'équipe scientifique a monté un laboratoire. Philippe Bouchet, accompagné de deux universitaires américains, confie aussi le travail de terrain en mer et sur le littoral aux volontaires naturalistes calédoniens. Certains repèrent facilement les nudibranches - ils ont l'œil exercé -, d'autres ramènent des algues, du substrat, des bryozoaires ou des hydraires. Isolés dans des bacs, ils seront scrutés, en espérant qu'un spécimen remonte à la surface.

Plus de 700 spécimens en une semaine

"Beaucoup d'espèces sont cryptique, difficiles à voir, et d'autres ne sont pas forcément connues des scientifiques, même si elles sont très colorées et super esthétiques, explique le malacologiste (spécialisé dans l'étude des mollusques). L'objectif c'est d'échantillonner ces bestioles, en collectant des spécimens, qui sont nécessaires ensuite pour l’étude anatomique, des tissus et constitueront un échantillon de référence. Donc tous les milieux, les habitats, sont potentiellement intéressants."

Les nudibranches prélevés iront enrichir les collections du Muséum et seront étudiés par des spécialistes du monde entier. Depuis plus de quarante ans qu'il explore le Caillou, Philippe Bouchet y revient avec plaisir et de nouvelles méthodes : imagerie numérique, séquençage ADN... "Il y a beaucoup de choses faites dans les années 80-90 qui peuvent être améliorées. La Nouvelle-Calédonie a été un lieu fondamental dans ma vie professionnelle. Pour un naturaliste, c'est un pays extraordinaire, où il y a toujours quelque chose à découvrir."

Le professeur du Muséum d’Histoire Naturelle envisage de poursuivre ses quinzaines des nudibranches calédoniens à Poindimié, Koumac, à l’Ile des pins et à Ouvéa. A Nouméa, c’est déjà plus de 700 spécimens qui ont été décrits en une semaine.

La quinzaine des nudibranches dans le grand Nouméa