Matinée du nickel : un fonds souverain pour les générations futures ?

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matinée du nickel nc
©Carawiane Carawiane

Dernière matinée de restitution des travaux sur le nickel, initiée par Thierry Santa. Il y a un an, une vingtaine d’experts dans le domaine avait planché sur plusieurs thèmes parmi lesquels, la création d’un fonds souverain pour les générations futures. Explications. 

Pourquoi ne pas créer un fonds souverain, avec l’argent du nickel ? De quoi s’agit-il ? Comment pourrait-il s’articuler ? Autant de questions qui ont été abordées au cours de cette deuxième matinée de restitution des travaux sur le nickel. 

En discussion depuis vingt ans 

Un fonds souverain est un fonds alimenté par les revenus des ressources minières et il est géré par un Etat. Cela fait 20 ans que les politiques en parlent mais pour l’instant, le fonds pour les générations futures n’a toujours pas vu le jour. Ce jeudi matin, un groupe d’experts a travaillé sur sa définition.

On a une vocation qui est double : à court terme, qui consiste à diversifier l’économie de la Nouvelle-Calédonie et puis ensuite, à long terme, qui consiste à placer les revenus issus du nickel pour les générations futures.

Doriane Sanchez-Le Bris, directrice du développement de l’Adecal-Technopole, pilote du groupe sur le fonds pour les générations futures.



Comment alimenter le fonds ?

Les mineurs sont plutôt favorables à la création d’un fonds souverain; reste à savoir comment il pourrait être alimenté. "Nous la fiscalité constante on est entièrement d’accord. Après, on est prêts à partager et de dire : nous on veut bien payer les taxes supplémentaires dans le cas où le LME est très élevé et qu’on fait des gros bénéfices; avoir une meilleure redistribution de cette richesse pour laquelle on n’est pas forcément responsable, on est pour "  explique Javier Canapé, directeur du centre de recherches des fonds souverains, à l’université de Madrid.

Mettre tout le monde d'accord

Pour que ce fonds fonctionne, il faut un accord de tous les acteurs de la filière nickel : les collectivités, les mineurs ou encore les métallurgistes. Selon Sébastien Lafargue, directeur de la société des mines de la Tontouta et membre du syndicat des industries minières, il faut un consensus, et il faut qu'il soit engagé prudemment.

Il faut donc un grand accord national pour qu’un fonds souverain soit couronné de succès. Tous doivent comprendre dans quelles mesures l’avenir politique du pays est engagé, il faut un grand effort de coordination pour réussir la mise en place d’un fonds souverain.

Sébastien Lafargue


Après plus d’un an de travaux, les différents pilotes, tous bénévoles, ont constitué un socle de connaissances. C’est maintenant aux élus politiques, d’utiliser ces données, pour faire émerger une stratégie commune afin que cette ressource minière, puisse profiter aux futures générations. 

Plus d'informations sur les "matinées Nickel" sur le site www.nickel.nc qui regroupera à terme tous les documents et études concernant le nickel calédonien. 

Le point avec Brigitte Whaap et Carawiane Carawiane