La mort d'une aborigène pendant sa garde à vue aurait pu être évitée

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Mme Dhu est morte en garde à vue à Port Hedland, en Australie Occidentale, en août 2014. ©Carol Roe
Mme Dhu, âgée de vingt-deux ans, est décédée d'une septicémie et d'une pneumonie, trois jours après avoir été enfermée dans un commissariat de police de South Hedland.
La mort de Mme Dhu, une aborigène morte en garde à vue en 2014, aurait pu être évitée. Ce sont les conclusions de la Coroner d'Australie occidentale, l'officier de police judiciaire chargé d'enquêter sur les circonstances de son décès. La Coroner Ros Fogliani a qualifié le comportement des policiers d'inhumains. Elle a aussi dit qu'ils n'avaient pas agi de manière professionnelle. Cependant, elle ne recommande aucune mise en examen des policiers. Une décision injuste pour la mère de Mme Dhu, Della Roe. Elle a déclaré qu'elle était venue au tribunal pour que "la justice fasse son travail, mais qu"elle ne l'avait pas fait."
 
L'affaire date de 2014. Mme Dhu, dont le prénom n'est pas utilisé pour des raisons culturelles, est mise en garde à vue à South Hedland début août 2014 pour ne pas avoir payé 3 500 $ d'amende. Durant sa détention, Mme Dhu est emmenée trois fois à l'hôpital. La police est persuadée d'avoir à faire à une droguée qui fait semblant d'être malade car Mme Dhu a admis avoir pris des drogues. Mais en réalité la jeune femme de 22 ans s'est disputée avec son petit ami... et s'est cassée une côte pendant leur bagarre. Elle se plaint auprès des policiers d'avoir des difficultés à respirer. Elle meurt finalement au cours de sa troisième visite à l'hôpital d'une pneumonie et de septicémie, causés par une infection dans ses côtes fracturées qui s'est propagée à ses poumons.
 
Des images de vidéo surveillance montrent que la jeune femme a été trainée par les pieds hors de sa cellule par les policiers. On la voit aussi pleurer et expliquer à quel point elle souffre. Shaun Harris, l'oncle de Mme Dhu, s'est battu pour que ce matériel vidéo soit rendu public. C'est maintenant chose faite. La Coroner craignait que montrer ce matériel ne ravive les plaies de la famille.  "C'est difficile à regarder, c'est vrai, dit-il. Mais franchement, on ne peut pas nous faire plus de mal. Ils ont déjà fait le pire qui soit en nous prenant M Dhu.", affirme Shaun Harris.
 
Selon Ros Fogliani, la loi devrait être changée afin qu'à l'avenir, ceux qui ne paient pas leurs amendes ne se retrouvent pas derrière les barreaux. Elle a accepté que les images des dernières heures de Mme Dhu soient rendues publiques. 
 
La mort de Mme Dhu est devenue un symbole du mouvement "Aboriginal Lives Matter" à travers l'Australie et a été lancé par le mouvement Black Lives Matter aux États-Unis.