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Ouaco restitué à Kaala-Gomen

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©NC1ere
Les pourparlers ont débuté en 2015 entre la SMSP et la mairie de Kaala-Gomen. La commune se voit attribuer une grande partie du village de Ouaco. Les habitants ont notamment été informés de la possibilité d’accéder à la propriété en achetant leurs terrains.

Un tournant décisif pour le village de Ouaco 

Cette petite localité située dans le sud de la commune de Kaala-Gomen serait restituée dans le courant du mois de Mai à la Mairie.
Les discussions entre l’opérateur industriel la SMSP- la Société minière du Sud Pacifique - via la NMC - la Nickel Mining Company- et la commune ont débuté l’an dernier.
« C’est désormais officiel », souligne fièrement Hervé Tein-Taouva, le mairie de Kaala-Gomen, « il reste seulement à finaliser les dernières formalités avec le notaire ».
A l’avenir, la commune prévoit de vendre l’ensemble des terrains déjà occupé par des familles.

Usine de Ouaco
©clocherobecourt.com

 

De la conserverie à la mine

Créer il y a plus d’un siècle, le village de Ouaco est plus connu pour sa conserverie de viande de bœuf construite par la société d’élevage de Ouaco à l’époque du colonel Dix. 
 
« Il reste encore ici les traces de ce passé », affirme Louis Claude Peyrolle, l’un des anciens directeurs adjoints de la Société de Ouaco, « autrefois, ce village était le fer de lance de l’élevage en Nouvelle-Calédonie ».
La Société de Ouaco sera rachetée dans les années 60 par Henri Lafleur qui se lancera quelques années plus tard dans l’activité minière sur le massif de Ouazanghou. « A cet époque, il y avait beaucoup de monde qui vivait ici », se souvient le vieil homme, « toutes les communautés se côtoyaient : les indonésiens, les mélanésiens, des européens également.On vivait en autarcie car pratiquement tout se faisait sur Ouaco (…) Le Tour de Côte s’arrêtait à Ouaco pour décharger des marchandises de première nécessité et il partait avec les boîtes de viandes de Ouaco sur Nouméa », poursuit-il.
 
Au village minier, plusieurs générations se sont succédées. On compte aujourd’hui, une vingtaine de familles vivant à Ouaco.
A la retraite depuis la fin de mois d’Avril, Jean-Paul AT-CHEE s’est installé dans un lotissement à l’entrée du village . « J’ai vécu toute ma vie à Ouaco », confie cet ancien ouvrier de la NMC, la Nickel Mining Company, « mes parents habitaient dans une des maisons du village que je garde encore aujourd’hui ».

Le rachat des terrains

 La commune a décidé de vendre l’ensemble des terrains habitables aux résidents actuels. « Les discussions ont débuté depuis l’an dernier », souligne Jean-Paul AT-CHEE, retraité de la NMC, « la Mairie a fait des tournées d’informations pour rencontrer l’ensemble des habitants du village ».
Les habitants se réjouissent de la vente de ces terrains. « Cela fait longtemps que les gens réclamaient cette vente. J’habite à Ouaco depuis 1974 et on en parlait déjà en 1991. Aujourd’hui, j’attends que l’on me permette d’acheter mon terrain », souffle Louis Claude Peyrolle, ancien de la Société de Ouaco, « c’est important. Cela permettra aux habitants de se fixer et d’avoir un lieu de résidence ».
Le montant de la vente a été fixé à 100 000 FCFP l’are.
 

"Je reconnais que c’est un peu exorbitant pour certaine bourse » souligne Louis Claude Peyrolle, « mais il faut bien se dire que 100 000 FCFP l’are pour un terrain viabilisé, c’est un peu normal"

« Je reconnais que c’est un peu exorbitant pour certaine bourse » souligne Louis Claude Peyrolle, « mais il faut bien se dire que 100 000 FCFP l’are pour un terrain viabilisé, c’est un peu normal ».

D’autres se disent déconcertés « J’ai appris cette annonce avec un peu de colère », souligne Jean-Paul AT-CHEE, ouvrier sur mine à la retraite, « la NMC nous avait promis de nous vendre ce terrain.
Il y a quatre ans, nous avons créé une association afin de baisser les tarifs de ces ventes. Beaucoup aujourd’hui sont partis à la retraite et n’ont pas forcément les moyens d’acheter leurs terrains
».


Le calendrier se précise

La commune de Kaala-Gomen prévoit à l’avenir de rencontrer une fois de plus l’ensemble des habitants. 
Un expert doit ensuite examiner un par un l’ensemble des logements. Il s’agit pour la collectivité municipale d’évaluer les surfaces habitables et l’état des habitations.
D’ici la fin de l’année, les habitants du village de Ouaco pourraient accéder enfin à la propriété. Une véritable aubaine pour ces familles d’éleveurs ou d’anciens ouvriers sur mine.

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