Ouvéa : quand l'érosion grignote petit à petit l'île la plus proche du paradis

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Ouvéa : quand l'érosion grignote petit à petit l'île la plus proche du paradis
©Gaël Detcheverry/ NC la 1ère

La montée des eaux continue de faire des dégâts sur la plus petite des trois îles Loyauté. Si la Province vient de lancer des travaux d'enrochement pour sécuriser la route provinciale, collectivités et associations cherchent des solutions pour limiter l'érosion. 

"L'élévation des eaux, c'est la nature, on n'y peut rien. On a juste à colmater au jour le jour avec les moyens qu'on a" explique Mathias Waneux, élu provincial en charge des infrastructures. Les habitants d'Ouvéa en sont conscients, qu'importe les solutions, ils devront vivre avec la montée des eaux.

Ouvéa : quand l'érosion grignote petit à petit l'île la plus proche du paradis
©Caroline Antic Martin/ NC la 1ère

Un triste constat qui se dessine sur la route provinciale à hauteur de Whageûji. En l'espace de 20 ans, le trait de côte a reculé d'une vingtaine de mètres, menaçant l'unique axe routier entre le sud et le nord d'Ouvéa. Ce sont aujourd'hui, 122 mètres d'enrochement qui sont nécessaires pour sécuriser cette portion de route. 

"Il y a le facteur, élévation des eaux mais il y a aussi le facteur des grosses infrastructures qui transforment la courantologie de l'endroit. On n'est pas très loin du quai de Wadrilla. Les normes environnementales lors de sa première construction n'ont pas été imposées" souligne Mathias Waneux.

Au-delà des infrastructures, la biodiversité est aussi mise en péril

Pour pallier à ces manquements, la Province des Iles effectue des travaux d'urgence. Coût de l'opération  : 43 millions de francs, pour des travaux qui devraient durer trois mois. Hélas, ce tronçon de route n’est pas le seul menacé. 

Ouvéa : quand l'érosion grignote petit à petit l'île la plus proche du paradis
©Caroline Antic Martin/ NC la 1ère

Au nord de Saint-Joseph, ce chemin communal est lui aussi sur le point de s’effondrer. Au-delà, des problèmes de circulation à venir, c’est également toute la biodiversité côtière qui est en péril.

Aussi bien les arbres qui sont en partie des médicaments (traditionnels) mais aussi les puffins qui viennent en nidification sur le sable et les tortues qui viennent y pondre à l'année. Nous recommandons aux institutions et à la population de ralentir les effets de la mer sur les côtes.

Jacques Adjouhgniope, président de l’association pour la sauvegarde de la biodiversité

 

Quelles solutions pour ralentir la montée des eaux?

Cela passe, par exemple, par une gestion responsable du "belaï". Ces fragments de coquillages, utilisés pour embellir les abords des maisons, sont autant de matière minérale qui ne se transformera pas en sable. Cela passe également par des plantations en bord de mer. Certains propriétaires ont par exemple créé une mini pépinière de palétuviers pour tenter de protéger leur maison. "Il y a des palétuviers en exemple ici, d'autres ont planté chez eux, des cocotiers et des bois de fer etc...Mais dans le fond, c'est cette idée qui revient, celle de pouvoir participer à ralentir la montée des eaux" explique Jacques Adjouhgniope. 

De leur côté, la province et la commune réfléchissent à des solutions globales pour lutter contre l’érosion ou plutôt pour apprendre à vivre avec ses effets.

Le reportage de Caroline Antic-Martin et de Gaël Detcheverry