Un meurtre entre voisins à Ouvéa jugé aux assises

justice ouvéa
Un meurtre entre voisins à Ouvéa jugé aux Assises
Le fusil avec lequel la victime a été tuée, le 28 février 2019. ©Natacha Cognard / NC La 1ère
La première session d’assises 2021 en Nouvelle-Calédonie se clôt ces mercredi et jeudi, avec un procès pour homicide, survenu à Iaai, en février 2019. Un habitant avait ouvert le feu, à la tribu d’Ohnyat, sur son voisin qu’il accuse de voyeurisme.

Le dernier procès de cette session des assises a débuté mercredi 7 juillet au palais de justice de Nouméa, avec le procès pour meurtre d’un habitant d’Ouvéa. 

Après la lecture de l’ordonnance de mise en accusation par la présidente de la cour, l’accusé est revenu sur les faits qui lui sont reprochés : avoir donné volontairement la mort à son voisin avec un fusil, le 28 février 2019, près de sa table d’hôte d’Ouvéa. Or, dès l'ouverture de l'audience, le public comme les jurés ont mesuré qu'il s'agissait d'un procès peu ordinaire. 

Un accusé décrit comme "sensible et calme"

Fils d’un ancien pasteur de la tribu de Gossanah, au nord de l'île, l'accusé a présidé l’office de tourisme d’Iaai, avant d'exercer comme professeur de technologie et d’arts plastiques. Une seule mention apparait dans son casier judiciaire : une condamnation pour conduite en état d’ivresse, en 2006.

Même si l'accusé déplore avoir "perdu toute crédibilité auprès des enfants", de nombreux témoignages le décrivent comme un homme sensible et calme. Des qualités difficilement compatibles avec celles d’un meurtrier, comme le souligne la vice-procureure de la République. 

Une victime au passé violent

La personnalité de la victime, défendue par Me Calmet, avocat de la partie civile, est plus difficile à cerner. Qualifié de voyeur et d’agressif, il a été condamné à de nombreuses reprises pour des actes de violence. 

Si Me Marty, l’avocat de la défense, souligne que "ce n’est pas le procès de la victime", il s’interroge sur son passé. "Peut-on avoir peur d’un homme qui abat un chien puis tire avec son arme sur une voiture ?", questionne l'avocat.

Conflits fonciers

Cet homicide, survenu sans la présence de témoins, est intervenu il y a deux ans sur fonds de conflits fonciers entre les deux familles. Les expertises médicales ont été rendues mercredi après-midi. Pour l’expert psychiatre, l'accusé a tiré deux fois sur son voisin, volontairement, mais de façon irréfléchie.

Ce jeudi, le médecin légiste doit être entendu. Suivront les plaidoiries, le réquisitoire de l’avocat général et le verdict. L’accusé encourt trente ans de réclusion criminelle.

Le compte rendu d'audience de Natacha Lassauce-Cognard