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Dominique Luigi, nouveau vice-procureur de la République en Province Nord

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Dominique Luigi Vice-procureur de la république
Dominique Luigi, Vice-Procureur de la République ©Cedric Wakahugnème NC1ère
Lors de l’audience solennelle de rentrée organisée à Koné ce vendredi, le Tribunal de Première Instance de Nouméa a placé son tout nouveau vice-procureur de la République. La section détachée de Koné est désormais à l’image de l’essor de la Province Nord.
La section détachée du Tribunal de Première Instance de Koné attendait ce moment depuis des années. Un nouveau locataire vient ainsi gonfler ses effectifs. Arrivé depuis trois semaines.
Dominique Luigi a été nommé vice-procureur de la République en Province Nord. « C’est un atout essentiel pour qu’on puisse avoir dans le nord une véritable politique pénale » souligne André Angibaud, le Président de la section détachée. « Cela va nous permettre de facilité la connaissance du terrain, les contacts avec les partenaires, les élus et les autorités coutumières pour que la justice soit rendue au plus près des justiciable de la Province Nord », poursuit-il.

Un homme de terrain

La Calédonie n’est pas une inconnue pour le nouveau vice-procureur de la République. Le magistrat exerçait déjà le même type de fonction en 1992 à Nouméa avant de quitter le territoire dix ans plus tard.
Ce retour inattendu lui permet de découvrir la parfaite métamorphose du Territoire de la Province Nord.
« C’est un choix personnel de revenir en Calédonie » souligne Dominique Luigi, le tout nouveau vice-procureur de la République, « l’opportunité de créer cette fonction dans le nord s’est présenté et je l’ai saisi ».
Les tâches du magistrat sont extensibles. « Il aura en charge de portée l’accusation » indique Alexis Bourroz, le Procureur de la République en Nouvelle-Calédonie, « mais également du suivi délicat de l’exécution des peines, des mineurs, des enquêtes préléminaires et des actions de préventions de la délinquance ».
L’objectif des acteurs de la justice est d’établir une vision globale de la présence judiciaire en Province Nord.

La jeunesse au cœur des préoccupations de la Justice

Lors de son allocution, le Procureur de la République de Nouvelle-Calédonie a dressé un bilan de l’activité écoulée. « Nous avons une section détachée qui est à l’image de l’essor de la Province Nord » insiste Alexis Bourroz, « l’évolution de la délinquance est très défavorable. Elle est d’ailleurs dénoncée par beaucoup de Maires ».
Selon, les chiffres de la Gendarmerie, les procédures pour violences augmentent de 45%, 8% pour les attaques sur les biens et 31% pour les cambriolages.
Le nombre d’affaires jugés évolue de 598 en 2014 à 698 en 2015. Aujourd’hui, la jeunesse est au cœur des préoccupations des acteurs de la justice.
En 2015, le taux d’élucidation est plus que réjouissant passant de 22% à 242% l’année dernière.
« Ces résultats sont positifs et très supérieurs à la moyenne nationale », indique, Alexis Bourroz, « Mais ce n’est pas suffisant (…) Il faut également que la réponse judiciaire soit ferme. Nous avons également », poursuit-il, « des actions de préventions pour stopper cette délinquance ».
En parallèle, un travail est mené pour développer des synergies avec les élus, les autorités coutumières, la protection judiciaire de la jeunesse, les services pénitentiaires d’insertions et de probations, les magistrats du Parquet et du siège pour trouver des solutions en communs.

Un  juge unique

Dans un contexte de réduction budgétaire, la Justice Calédonienne n’est pas épargnée.
Il est pourtant question à l’avenir de créer un futur Centre pénitentiaire du Nord, qui pourrait accueillir une centaine de détenus en fin de peine, pour la plupart originaire de la Province Nord.
La Parquet de Nouméa n’écarte pas l’éventualité également de réfléchir sur le concept de juge unique. « Aujourd’hui, les jugements sont le plus souvent tardifs », indique Alexis Bourroz, le Procureur de la République de Nouvelle-Calédonie. 
« Ce juge unique permettra de faciliter le traitement des affaires », poursuit-il.
Pour l’ensemble des acteurs de la justice, c’est une éventualité. « Nous sommes à effectif restreint. Il y a des contraintes budgétaires », souligne André Angibaud, le Président de la section détachée de Koné, « mais continuer à fonctionner systématiquement pour une audience pénale collégiale avec un juge de Nouméa, çà nous bride et çà rallonge le traitement des dossiers. Nous pensons que cela pourrait être la bonne solution ».
L’année 2016 permettra aux différents partenaires de murir cette réflexion afin de garantir à l’avenir une véritable juridiction de plein exercice.
Ainsi, cette justice de proximité pourrait prendre tout son sens.
 
 
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