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Une famille de Touho face à la montée des eaux

environnement touho
Capture montée des eaux à Tiouande Touho mars 2018
Le passage du cyclone Hola semble avoir accéléré l'érosion du littoral à Tiouande. ©NC La 1ère
L'élévation du niveau de la mer représente une menace, à la tribu de Tiouande, à Touho. La famille Delly est inquiète face à l'érosion rapide des berges. Désormais, le bruit des vagues résonne à seulement quelques mètres de la maison.
Jean-Jacques Delly, 62 ans, est assis sur une chaise au côté de sa sœur. Tous deux regardent les vagues s’écraser sur le rivage. Un rivage qui a reculé de façon accélérée, ces derniers mois. «Je ne savais pas qu'un jour, ça allait être comme ça. C'était trop rapide…», lance cet habitant de la tribu de Tiouande, à Touho.

Arbres tombés​

Son fils, Jethro, constate l’effritement du littoral en quelques mois seulement, sous les assauts des vagues associées aux fortes houles lors de dépressions. «L'eau, elle bouffe de plus en plus vite, relate-t-il. En l'espace de deux ans, voilà ce que la mer a fait: elle a grignoté six mètres, et puis elle a fait tomber le banian et tous les grands arbres qui sont en bas.» Un banian sous lequel son père se reposait, il y a encore peu de temps. «Il y avait dix mètres entre ici et le banian», décrit celui-ci.

Peur des grandes marées

Cela fait vingt-huit ans que Jean-Jacques Delly habite à cet endroit. Et voilà qu'il a vu les berges s’effriter au contact des vagues. Le sexagénaire s'avoue inquiet. Désormais, le bord de mer se trouve à environ cinq mètres de sa maison. «C'est le soir, quand on dort et qu'il y a des grosses vagues, confie-t-il: on ne dort pas bien parce qu'on a peur qu'une grande marée arrive. Là, il y a déjà un bassin de fosse septique qui est parti.»

Relogement?

L'homme veut quitter les lieux pour habiter en lieu sûr. Il indique avoir fait une demande de maison, il y a quelques années. «Ça fait quatre ans, ou cinq ans, maintenant, que j'ai fait ma demande pour faire ma maison. J'ai donné l'argent que j'avais. J'attends toujours.» Et en attendant, Jean-Jacques Delly continue d’habiter au même endroit, à quelques mètres d’une berge qui a du mal à résister à la force des vagues. Sa maison pourrait se retrouver dans l’eau d'ici quelques mois, en fonction des fortes houles et des intempéries. Il espère s'en aller rapidement.

Le reportage de Marguerite Poigoune.

 

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