Les deuils kanak bouleversés par le confinement

traditions touho
Coutume deuil
©Ruth Poinine
Quand le Covid-19 bouleverse les pratiques coutumières, en milieu kanak. Les familles et les clans s’adaptent en période de confinement. Ils se voient obligés de modifier certaines traditions, comme la présence des oncles utérins, un aspect primordial du deuil, dans la coutume kanak.
Des pratiques coutumières modifiées, lors des deuils notamment. Les familles, et les clans sont bien obligés de s’adapter, pendant cette période de confinement. C’est ce qui s’est passé à la tribu de Koé à Touho, où le petit chef est Raymond Pabouty.
 

La famille proche dans un premier temps

« Ça pose un problème d’organisation au niveau des familles, des clans, de la tribu même. Ce que nous avons fait dernièrement, c’est d’abord faire l’enterrement de la mémé qui est décédée. C’est uniquement la famille proche qui était conviée pour la première cérémonie. On n’a pas pris contact avec les autres tribus autour » explique Raymond Pabouty.  
 

Le cas de l’oncle utérin

La place des oncles utérins est primordiale, lors de deuils en milieu kanak. A Touho, les familles des défunts ont du s’organiser avec les moyens à leurs dispositions, explique Raymond Pabouty.
« Ce qui est obligatoire, c’est d’avoir l’oncle utérin qui vient prendre le corps pour l’amener au cimetière. Le reste, il fera après. On est obligé d’aller le chercher, d’avoir une coutume pour lui demander de venir faire l’enterrement, mais uniquement lui. Il y a des familles proches, qui peuvent faire le travail à la place du tonton utérin, mais à condition que ce soit lui qui leur donne l’ordre  de faire le travail à sa place ». 
 

Les cérémonies après le confinement

Si les échanges coutumiers sont restreints, les  cérémonies  complètes  seront organisées, une fois le confinement levé.
« On leur dira quand on fera la suite de la coutume. Ça dépend de la situation qu’on a actuellement. Après, ce jour-là, on fera normalement ». 
Les familles des défunts fixeront les dates des cérémonies, et iront  avertir les clans, avec un bout de tissu, comme elles ont coutume d’appeler, dans la région. 
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