Poum, 469 kilomètres carrés entre terre et mer et moins de 1500 habitants. Électrifier les foyers représente un défi, économique et logistique, dans cette petite commune excentrée. Longtemps dépendante des énergies fossiles, elle se met peu à peu à l’heure du soleil.
Comment électrifier un îlot ?
On y compte six îlots habités. Comme Tâânlô : du fait de l'isolement, la quinzaine de foyers y dispose de kits photovoltaïques, grâce à un dispositif d’aide publique.
Ça nous permet d’alimenter une télé, les ventilos. On peut même brancher une machine à laver. Tout ça apporte un mieux-être, pour nous dans la tribu.
Joseph Porou, habitant de Tâânlô
Pour l'eau potable
Dernier équipement en date, un dessalinisateur qui fournit de l’eau potable. L’installation fonctionne grâce à un ensemble de vingt panneaux photovoltaïques, associé à une batterie de stockage. Un groupe électrogène complète le système. "Il tourne tous les jours. Mais dans la journée : de 6 heures le matin à 17h30 le soir", précise Maurice Porou, le fontainier.
Des raisons de rester
De l’eau et de l’électricité produites sur place ? La moindre amélioration du quotidien est considérée comme une avancée, pour les habitants, qui vivent essentiellement de la pêche. La transition énergétique s’avère un facteur d’autonomie. Mais aussi de fixation des populations.
Je suis très heureuse parce qu’avant, quand on était jeunes, on n’avait pas d’eau. Maintenant, on a l’eau trois fois par semaine. C’est le bonheur. C’est le confort. C’est bien pour que les jeunes puissent rester sur l’île.
Gisèle Pouyé, habitante de Tâânlô
Des économies à long terme
L’engagement de Poum dans le solaire n’est pas seulement un choix technologique. Il est motivé par d’autres raisons, comme la réduction des coûts énergétiques. Sous cet angle, la production d’électricité par le solaire présente une alternative plus économique, à long terme.
“On a bénéficié de fonds européens sur certaines tribus, notamment à Yandé et Yenghébane, détaille la maire, Henriette Tdjine-Hmaé. “Et on a eu l’installation des panneaux solaires pour améliorer les conditions de vie des gens qui habitent dans des secteurs où le filaire ne peut pas arriver. Mais pour la commune, c’est surtout une recherche d’économies.”
Une centrale sur terres coutumières
En mars, il est prévu d’inaugurer la ferme solaire de Tiabet, édifiée sur terres coutumières. Elle devrait subvenir aux besoins de tous les foyers de la commune. Cette centrale illustre un modèle où énergies renouvelables et ancrage coutumier se conjuguent pour un avenir plus durable.
Ci-dessus, le long format de Thérèse Waïa et Carawiane Carawiane