Boulouparis, deux maires pour un village

élections boulouparis
Lazare et Vittori. Boulouparis
Alain Lazare, le maire sortant, et Pascal Vittori, le nouvel élu ©Nicolas Fasquel
C’est une situation inédite que vit la commune de Boulouparis depuis le 15 mars. Alors que Pascal Vittori a été élu au premier tour, l’ancien maire Alain Lazare qui ne se représentait même pas doit assurer la gestion de la commune, crise du coronavirus oblige.
En professionnel du marathon, Alain Lazare savait déjà que les derniers mètres sont les plus durs. Mais il ne s’attendait certainement pas à poursuivre l’épreuve au-delà du parcours. 
Mairie de Boulouparis
©Nicolas Fasquel
 

Une retraite repoussée

Après 25 ans de mandat, le maire de Boulouparis avait annoncé qu’il ne se représenterait pas pour enfin prendre sa retraite. Peine perdue… 
Le 20 mars, cinq jours après l’élection au premier tour d’un autre candidat, Pascal Vittori, l’Etat annule tous les conseils municipaux de désignation des nouveaux maires, coronavirus et confinement général obligent. Une douche froide pour le futur retraité.
« Pour être très honnête, c’est compliqué, parce qu’on s’est mis dans la tête que c’était le dernier jour, qu’on allait partir, et qu’on allait passer à autre chose, ce dont je rêvais déjà depuis quelques temps » confie Alain Lazare. « Donc je me suis trouvé dans un état d’esprit un petit peu flottant la première semaine. Et puis maintenant, le mandat étant renouvelé pour quelques temps, et l’intérêt que j’ai apporté à ce que je fais en mairie, et ce que je fais depuis des années, donc a fait la différence ».
Trois semaines déjà que la mairie fonctionne repliée sur elle-même, mais toujours présente pour les actes administratifs et la gestion communale. 
Boulouparis. Galerie de portraits maires
La galerie de portraits des maires de Boulouparis ©Nicolas Fasquel
 

Un nouvel élu qui aimerait agir

A quelques kilomètres de là, le nouveau maire élu à 54 % a rangé son matériel de propagande. Très présent sur internet pour répondre aux attentes des administrés, il souhaiterait pouvoir enfin passer à l’action. 
«  Je suis en contact régulier avec le secrétaire général puisque la loi électorale dit que l’ancienne équipe doit tenir informée la nouvelle équipe de chaque décision, de façon à ce qu’elle puisse ensuite en tenir compte » explique Pascal Vittori. « Ça se passe bien, on a des contacts réguliers, mais malgré tout, je ne peux pas prendre de décisions. C’est compliqué parce que j’ai plutôt une nature à vouloir agir ». 
Pour Pascal Vittori, en lien avec des élus de Métropole, la situation ne devrait pas perdurer au-delà de la fin juin. La mairie de Boulouparis pourra alors afficher un nouveau portrait dans sa série des anciens magistrats de la commune. Celui d’ Alain Lazare qui aura, malgré lui, battu son propre record. 
Et seule Pouembout se trouve dans le même cas que Boulouparis avec un maire en service et un autre élu mais pas désigné. Car les autres maires élus au premier tour des élections du 15 mars étaient déjà en exercice.
Le reportage d’Antoine Le Tenneur et Nicolas Fasquel
©nouvellecaledonie
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