Portrait. Découvrez le destin peu commun de Noëlle Robert-Traeger, la Brousse inventive

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Noëlle Robert-Traeger  et sa fille Kellya  pour "Destins Peu Communs". Août 2022
Noëlle Robert-Traeger et sa fille Kellya pour "Destins Peu Communs". Août 2022 ©Sylvain Derne pour NC La 1ère
Créer du lien entre générations et communautés, valoriser le patrimoine de Bourail, œuvrer à l’émancipation des femmes… Noëlle Robert-Traeger s’attelle avec enthousiasme d’un défi à l’autre. Découvrez son portrait dans Destins peu communs.

Impliquée dans de multiples activités interculturelles, Noëlle porte un regard dynamique sur son environnement bouraillais. Sa famille, pour qui en 2014 elle organisa une grande cousinade à Poé, évoque d’ailleurs un condensé de la diversité de notre population : des "racines tahitiennes", une maman bouraillaise avec des ascendances aussi bien kanak que liées au bagne, un papa pied-noir, des "mamans mélanésiennes et wallisiennes" qui ont accompagné son éducation…

 Après une enfance à Nouméa, la jeune femme revient en 2008 sur la commune, à l’âge de 22 ans. Dans les années qui suivent, elle travaillera pour la mairie comme secrétaire-animatrice du CLSPD (Contrat Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance). L’objectif est de s’inspirer d’outils présents sur le Grand Nouméa pour les adapter au contexte rural. De ces premiers chantiers avec une jeunesse en quête de perspectives, naîtra l’ambition toujours renouvelée de tisser les liens intergénérationnels.

Une carrière dans le tourisme 

À partir de 2013, Noëlle quitte la mairie pour se consacrer à des activités touristiques et de transport, tout en s’investissant dans différents domaines associatifs,  pour valoriser par exemple le travail des tresseuses. "Quand j’observe les choses, derrière chaque homme il y a une femme. Je dirais même qu’aujourd’hui, il faut que ce soient les hommes derrière et les femmes devant ! À nous de les former et de mettre les outils à disposition pour qu’elles s’émancipent. Le changement passe aussi par là."

Lors d’un séjour d’un an en Nouvelle-Zélande en 2006, Noëlle a suivi des cours intensifs en anglais. Elle a conservé de cette parenthèse le souvenir d’un pays en avance sur les questions liées à l’acceptation de son héritage culturel et historique. "Le frein de la Nouvelle-Calédonie c’est la barrière de la langue. […] Mais une jeune génération compétente, qui a les diplômes, est partie chercher tous les outils existant à l’international pour les poser ici. Je pense qu’il faut faire l’ouverture de les écouter et les entendre, et surtout qu’ils deviennent de vrais acteurs soutenus, engagés…"

 

Noëlle Robert-Traeger interrogée pour "Destins peu communs" Août 2022.
Noëlle Robert-Traeger interrogée pour "Destins peu communs" Août 2022. ©Sylvain Derne pour NC La 1ère

Cette battante qui se définit comme "autodidacte" faute d’avoir pu poursuivre des études après le bac, exprime sa reconnaissance envers tous ceux qui lui ont transmis une part de leur expérience. Elle n’en a pas moins gardé un souci constant de s’atteler à de nouveaux défis. Dès septembre, Noëlle s’envolera ainsi pour Tarbes, dans le Sud-Ouest de la France. Motivée par les tristes records en matière d’accidents de la route qui n’en finissent pas d’endeuiller les familles calédoniennes, elle y suivra une formation dans le domaine de la sécurité routière grâce au dispositif Cadre Avenir – une occasion pour elle de rappeler la nécessité de continuer le rééquilibrage en faveur de la Brousse. Noëlle laissera durant une année Kellya, sa fille de dix ans, sur le Caillou. "Pour toutes les mamans jeunes qui vont me suivre, c’est une force qu’on doit avoir. Mais si on le fait, on doit toujours garder cet objectif-là : c’est parce qu’on aime nos enfants, et on a besoin qu’ils vivent au mieux dans leur pays. À nous aujourd’hui d’emmener des choses qui seront à leur disposition pour grandir…"

Découvrez cet épisode ainsi que tous les autres de Destins peu Communs, l'émission qui part à la rencontre de nos identités (diffusion en radio les lundis à 14h et dimanche à 16h).