Portrait d'un héros du quotidien

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Portrait de pompier, Jean-Louis Marlier, chef de corps du Mont-Dore (13 janvier 2018)
L'adjudant-chef Jean-Louis Marlier pendant les incendies de ce début 2018. ©NC 1ère / Malia Noukouan
Focus sur les héros qui protègent la population calédonienne. Les pompiers sont mis à rude épreuve, en ce début d’année, après une saison administrative très intense. Abnégation, altruisme: autant de valeurs que dégagent les soldats du feu comme Jean-Louis Marlier.
Au Mont-Dore, les pompiers doivent gérer une surface de 643 km2, qui s’étend de Yahoué à Port-Boisé en passant par l’usine de Goro et l’île Ouen. Une vaste zone sous la responsabilité du chef des pompiers.

Depuis vingt-deux ans 

«Chaque intervention est différente. Souvent, ça ne se passe pas comme prévu, mais c’est ce côté imprévisible qui fait la beauté de ce métier.» Vingt-deux ans se sont écoulés depuis son engagement et pourtant, Jean-Louis Marlier garde le même enthousiasme. «Oui, on est drogués à l’adrénaline», lance-t-il en souriant.

Le centre d'incendie et de secours du Mont-Dore, avec renforts, pendant l'incendie de La Coulée  (13 janvier 2018)
Le centre d'incendie et de secours, avec ses renforts. ©NC 1ère / Malia Noukouan

«Je voulais servir»

A 49 ans, il a consacré la moitié de sa vie au service de la population calédonienne, et mondorienne. «Au départ, je voulais servir, donner un peu de mon temps à la collectivité», raconte-t-il. Depuis cet homme de terrain a gravi les échelons. Il y a huit mois, il a été nommé adjudant-chef. En octobre, il a officiellement pris le commandement des 60 sapeurs-pompiers mondoriens. «Vingt professionnels et quarante pompiers volontaires», détaille-t-il.


Cohésion​

Le chef de corps de la caserne du Mont-Dore met un point d’honneur à la cohésion de groupe. Comme ses pompiers, il risque souvent sa vie pour en sauver d’autres mais pour lui, la sécurité doit primer. «La première mission des pompiers, c’est que tout le monde parte et revienne ensemble. Il faut ramener tout le monde à la maison en bonne santé. On a des consignes de sécurité, des chemins de repli au cas où le feu s’approche de trop près», explique-t-il.

Portrait de pompier, Jean-Louis Marlier, chef de corps du Mont-Dore, entouré des personnels de l'agglo et de la sécurité civile (13 janvier 2018)
Photo de famille des pompiers présents à la caserne alors que les grands feux de janvier viennent d'être maîtrisés. ©NC 1ère / Malia Noukouan

Des feux dès juillet

Heureusement, aucun blessé grave n’est à déplorer dans les rangs, malgré une saison administrative des feux de forêt particulièrement dense et des incendies qui ont débuté très tôt. «On est début 2018, on a déjà des feux. Des feux qui ont débuté dès juillet 2017, avec des pics en octobre-novembre et un mois de décembre très difficile. Un mois de décembre fatal pour les pompiers.»


«Les hommes sont très fatigués»

Il ajoute : «Aujourd’hui, les hommes sont très fatigués, à bout. Les camions sont aussi en panne. Comme les hommes, d’ailleurs. Ils sont en panne, sourit-il. C’est la fatigue physique et le manque de sommeil.»

Portrait de pompier, Jean-Louis Marlier, chef de corps du Mont-Dore, bureau (13 janvier 2018)
©NC 1ère / Malia Noukouan

Son défi 

Être présent pour chaque citoyen du Mont-Dore. Jean-Louis Marlier développe : «Quel que soit le feu, quel que soit le secours à personne, quel que soit l’accident, le gros défi c’est qu’on puisse répondre à tous les appels au même titre. Que ce soit dans la zone urbanisés du Mont-Dore ou à Prony, et même jusqu’à l’île Ouen, où un projet de pompiers d’astreinte est en train de fleurir.»


Ses meilleurs souvenirs

«Les accouchements en caserne», affirme le chef de corps avec le sourire. «Les premiers accouchements qu’on fait, on est complètement démunis… Mais après, quand on voit ces enfants, qui sont aujourd’hui majeurs et qui viennent souvent nous rendre visite, c’est juste magnifique !»


Ces interventions qui marquent encore plus

Et puis il y a des interventions qui marquent plus que d’autres. «Les mauvais souvenirs, ce sont les accidents ou les feux qui impliquent des enfants. Ce sont des situations dans lesquelles les pompiers ne sont pas bons du tout.» Silence. «Un enfant, c’est innocent. Il a besoin de nous, plus qu’un adulte, et c’est difficile lorsqu’on se rend compte qu’on ne peut rien faire pour le sauver.»


Des leçons de vie

Mais chaque intervention est une leçon de vie, pour Jean-Louis Marlier. Et quand tout se passe bien, cela reste une expérience enrichissante sur le plan humain. «La satisfaction dans ce métier, c’est après l’intervention. Quand on échange avec les pompiers, le retour d’expérience, mais aussi avec les victimes, avec les habitants, cette relation qu’on a, c’est magnifique.» Et du côté de la population, le courage et le dévouement de ces «héros» sont grandement salués.

Portrait de pompier, Jean-Louis Marlier, chef de corps du Mont-Dore, avec la sécurité civile pendant l'incendie de La COulée (13 janvier 2018)
©NC 1ère / Malia Noukouan