"Aidant", un accompagnement souvent dans l'ombre

solidarité nouméa
Une aidante familiale et son mari, Alzheimer, Lifou
Céline, aidante familiale, prend soin au quotidien de son mari, mais aussi de sa grande sœur. ©NC la 1ere
Ils accompagnent une personne âgée, handicapée ou malade. Ce sont les aidants. A Nouméa, leur quotidien, pas évident, fait l’objet de rendez-vous réguliers. Lundi 19 juillet, à l'hôtel de ville, il était consacré aux difficultés qu’ils peuvent traverser. 

"L’épuisement. Le déni de l’aidé. Et le ras-le-bol de l’aidant, par moments." Michèle, 64 ans s’est reconnue dans les difficultés décrites par la psychologue du CCAS, le Centre communal d’action sociale, sur ce que les aidants pouvaient traverser au quotidien. C’était durant le temps d’échange organisé lundi 19 juillet, à l’hôtel de ville, en partenariat avec le Lions club Nouméa doyen.

C’est moralement fatigant, et physiquement aussi. Ça se répercute par exemple sur mon dos. 

Michèle, aidante familiale


Depuis près de huit ans, cette femme prend soin de son mari, atteint de plusieurs pathologies : BPCO (ça veut dire bronchopneumopathie chronique obstructive) liée au tabagisme, obésité, hypertension. Huit jours avant ce « rendez-vous des aidants », elle s’est faite hospitaliser, elle n’en pouvait plus.

Toute la journée on est sollicité(e), on donne beaucoup de nous-même et souvent, on arrive à des seuils de fatique.

Chantal Berthier, infirmière libérale 

 

Apprendre à souffler et se reposer

S’accorder un moment de répit n’est pas évident, pour les aidants, qui manquent parfois de méthode. Si les aides-soignants ont passé des diplômes avant effectuer tous ces soins, les aidants familiaux apprennent sur le tas. Parfois dans un total isolement. Daniel a 78 ans. Fin mars, sa femme a subi un AVC, un accident vasculaire cérébral.

Le plus difficile pour moi, c’est qu’elle se sent dépendante et qu’elle culpabilise. C’était une femme très active. Elle se retrouve diminuée. Je ne veux pas en faire trop.

Daniel, aidant familial

 

Psychologue clinicienne, Alexia Rejaunier insiste : l’aidant ne doit pas attendre d’être au bord de la crise pour demander de l’aide. "Le risque, c’est l’épuisement du proche aidant. Ça m’arrive très souvent de le voir," confie-t-elle : "le proche aidant arrive au bout de ses forces avant le proche malade. Il s’est tellement épuisé qu’il va être le premier hospitalisé."

Face au manque de prise en charge, le CCAS de Nouméa vient de lancer la première enquête de Nouvelle-Calédonie sur les aidants. L’idée, améliorer la politique de solidarité. Les résultats sont attendus en septembre.

Ecoutez le reportage de Medriko Peteisi : 

Au rendez-vous des aidants


Et voyez celui de Loreleï Aubry et Cédric Michaut :