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La mangrove de Tina détériorée

écologie nouméa
Plusieurs dizaines de palétuviers de Tina Golf ont été sabrés
Plusieurs dizaines de palétuviers de Tina Golf ont été sabrés. ©NC La1ère
Une trentaine de palétuviers de la mangrove de Tina, à Nouméa, a été sabrée. Les palétuviers venaient tout juste d'être plantés par SOS Mangroves et devaient concourir, avec des milliers d'autres, à la renaissance de ce milieu. Vendredi, l'association est allée constater les dégâts.
L’association SOS Mangroves tire la sonnette d’alarme. Vendredi a été un coup dur pour les bénévoles : en arrivant à Tina, ils ont découvert leur plantation saccagée. Des palétuviers qu’ils ont eux-mêmes plantés il y a deux ans, alors que le site était désert et la mangrove inexistante. Deux mille plants au total avaient été soigneusement mis en terre. Mais ce vendredi, les bénévoles n’ont pu que constater les dégâts : plusieurs dizaines d’arbres avaient été volontairement sabrés, regrette Monique Lorfanfant, la présidente de SOS Mangroves : « C’est décourageant, ils sont jeunes en plus, à peine deux ans. C’est le moment où il faut bien les protéger pour qu’ils prennent de la force », lance-t-elle à l’un des bénévoles, lui aussi impuissant : « Ca se voit que c’est un coup de sabre », répond-t-il, le palétuvier coupé dans la main.
 
Les palétuviers de la mangrove de Tina ont été tout simplement sabrés
Les palétuviers de la mangrove de Tina ont été tout simplement sabrés. ©NC La1ère
 

Des bénévoles au chevet de la mangrove


SOS Mangroves ne se contente pas de planter des palétuviers. Les bénévoles de l’association, pour la plupart des jeunes, entretiennent aussi la circulation des eaux dans la mangrove. De planteurs, ils deviennent terrassiers. Une polyvalence obligatoire pour ces jeunes bénévoles, très investis, qui se dépensent sans compter, et le plus souvent sans aucune assistance extérieure. Et heureusement que ces petites mains s’engagent en faveur de l’environnement. « Ce n’est pas à nous de faire ça », déclare Monique Lorfanfant, « C’est vraiment quelque chose d’aberrant. On l’a fait parce qu’on s’est rendu compte de la catastrophe. On a appelé Au secours mais personne ne bouge. Si on laisse faire c’est une catastrophe : il n’y aura plus d’eau et ce sont les milliers de petits poissons là-dedans qui vont trinquer en premier », explique-t-elle.
Les bénévoles veillent aussi à la circulation des eaux dans la mangrove, en entretenant le chenal
Les bénévoles veillent aussi à la circulation des eaux dans la mangrove, en entretenant le chenal. ©NC La 1ère
 

La mangrove n’a pas révélé tous ses secrets

 
La passion de Monique Lorfanfant, la présidente de SOS Mangroves, remonte à son enfance et à la destruction massive de la mangrove de Rivière-Salée. C’est ainsi qu’elle s’est rendue compte du rôle essentiel de ce milieu naturel. La mangrove c’est la nurserie de l’océan. Un lieu exceptionnel où il y a toujours quelque chose à découvrir, raconte-t-elle : « Quand on s’intéresse à la mangrove, c’est un monde à part, une forêt sur l’eau et on attrape le virus. C’est tellement passionnant, on peut y découvrir pleins de choses. Même avec les jeunes c’est pareil. On pourrait croire qu’ils sont plus sur leurs tablettes, mais ils sont aussi intéressés que moi, passionnés. »
 
Monique Lorfanfant, la présidente de SOS Mangroves
Monique Lorfanfant, la présidente de SOS Mangroves, veille à la préservation de ce milieu naturel. ©NC La1ère
 

Cent cinquante hectares de mangrove préservés


Chaque jour, ils apprennent un peu plus de la mangrove. Et chaque découverte amène avec elle son lot de joie : « Là on a découvert un palétuvier orange, on en avait jamais vu. On ne sait pas d’où il sort mais voilà on fait des découvertes à chaque fois », explique Monique Lorfanfant, les yeux pétillants. 
Voilà treize ans que l’association s’applique à restaurer les mangroves de Nouvelle-Calédonie. Cent-cinquante hectares ont déjà été sauvés, mais il reste encore beaucoup à faire pour préserver cet écosystème exceptionnel.
 

[IMAGES] Le reportage de Olivier Jonemann et Nicolas Fasquel

Un reportage de Olivier Jonemann et Nicolas Fasquel ©nouvellecaledonie

 
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