Nouméa étrenne son Conseil pour les droits et devoirs des familles

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Le Conseil pour les droits et devoirs des familles de Nouméa en séance solennelle, le vendredi 26 août 2022
Le Conseil pour les droits et devoirs des familles de Nouméa en séance solennelle, le vendredi 26 août. ©Mairie de Nouméa
Huit mois après sa création par les élus de Nouméa, le Conseil pour les droits et devoirs des familles a tenu sa première séance solennelle, vendredi 26 août, à l’hôtel de ville. Dix familles de mineurs en difficulté ont été entendues.

Pas un tribunal, mais un des outils déployés à Nouméa pour tenter de prévenir la délinquance. C’est ainsi que ses partenaires présentent le Conseil pour les droits et devoirs des familles dont la première séance solennelle a eu lieu ce vendredi, à l’hôtel de ville. Dix familles dont un enfant mineur a été signalé ont été entendues à huis clos.

Dans le contrat local de sécurité

Le CDDF de la commune a été créé en décembre dernier par délibération du conseil municipal, il s’inscrit dans le contrat local de sécurité reconduit en mai 2021. Ce dispositif d'accompagnement à la parentalité a pour but de prévenir la délinquance en intervenant le plus tôt possible dans le parcours d’un jeune en difficulté, au travers de son environnement immédiat. 

Pour cette première séance, onze familles étaient convoquées et juste avant, Sonia Lagarde, maire de Nouméa, expliquait le principe : "On va essayer de les écouter et essayer de cerner les problèmes de façon à leur faire comprendre quelle est la parentalité - c’est-à-dire que les enfants ne doivent pas être descolarisés, il faut s’en occuper... On a travaillé de manière conjointe avec les autres collectivités en amont sur ces signalements et on proposera des dispositifs adaptés à ces familles."

Elle est interrogée par Bernard Lassauce et Claude Lindor :

De l'importance de l'école

Le conseil était présidé à la fois par la maire et par le procureur de la République. "Nous avons reçu dix familles sur onze", a relaté Yves Dupas au journal télévisé. "La onzième s’est excusée, elle pourra peut-être être réorientée sur la session suivante. Nous avons rencontré des familles en difficulté par rapport aux moyens de transport, par exemple. Des familles, certaines vivant dans des squats, qui avaient des difficultés par rapport au paiement de la cantine, par rapport à un certain nombre de mesures matérielles…" En insistant : "Ce que nous avons surtout rappelé, c’est que l’école était très importante pour l’enfant. Cet absentéisme scolaire était la difficulté la plus connue sur l’ensemble de ces familles."

C’est d’abord dialoguer avec ces familles qui sont en difficulté. C’est aussi leur rappeler ce que sont les obligations parentales, et leur proposer un certain nombre de mesures qui nous semblent adaptées pour améliorer la situation de l’enfant et mieux préparer son avenir.

Yves Dupas, procureur de la République

"Pas là pour juger"

Exemple de solutions avancées ? Un rendez-vous avec une assistance sociale pour tenter de régler certains problèmes matériels, un stage de responsabilité parentale, un suivi psychologique de l’enfant… "Nous ne sommes pas là pour juger ces familles, insiste le procureur, nous sommes là au contraire pour comprendre les problèmes, pour leur demander d’assumer toutes leurs responsabilités, et de ne pas laisser des enfants en errance, notamment. Et puis pour les aider. Pour les accompagner dans cette question qui est majeure dans la prévention de délinquance : la parentalité." 

Conduite à risque

Pour intervenir, ajoute Yves Dupas, "avant qu’il ne soit trop tard par rapport à des jeunes en difficulté qui s’exposent à des conduites à risque. Que ce soit l’alcool, l’usage de stupéfiants, la violence. Dans l’intérêt de ce jeunes, pour leur avenir, mais c’est aussi l’avenir du territoire." Avec le souhait de voir le dispositif étendu à d’autres communes, dans le Sud mais aussi dans les provinces Nord et Îles.

Voyez l’entretien d’Yves Dupas avec Thérèse Waïa :

Saisines

Le Conseil pour les droits et devoirs des familles s'appuie sur un partenariat avec le vice-rectorat, la direction de l'Education et de la réussite, la direction provinciale Sud de l'Action sanitaire et sociale, la direction de la Protection judiciaire de l'enfance et de la jeunesse... Des partenaires qui se réunissent pour examiner des saisines, avant la séance solennelle.