Les réactions se multiplient après l'agression d'un médecin à Kaméré

faits divers nouméa
Les médecins généralistes appellent les patients à consulter
Consultation dans un cabinet médical. ©Coralie Cochin
Un médecin généraliste a subi une "lourde agression physique" dans son cabinet, lundi 5 septembre. Le syndicat des médecins libéraux condamne "avec la plus grande fermeté" ce geste et dénonce "les mauvais traitements" donc sont victimes les professionnels de santé.

MIS A JOUR AVEC DES REACTIONS, JEUDI 8 SEPTEMBRE

Le cambriolage du cabinet d'un médecin à mal tourné, lundi 5 septembre, dans le quartier de Kaméré, à Nouméa. En soirée, un généraliste a été agressé. Le praticien, installé depuis plusieurs années dans le quartier, a depuis repris son service.

Tout en lui apportant son soutien, le Syndicat des médecins libéraux de Nouvelle-Calédonie (SML) salue un clinicien "dévoué dans son service à la population", et prend la défense de la profession. "Les conditions actuelles d’exercice ne permettent pas à la médecine libérale et hospitalière de garantir l’accès au soin", déplore le docteur Marie-Laure Gaudiller, présidente du syndicat.

"Trop d'agressions" des personnels de santé

"Il n'y a plus de respect même pour des personnes indispensables pour du soin de base. C'est inquiétant parce que si nous avons trop d'agressions les médecins qui sont encore sur le territoire pourraient remettre en question leur choix de rester et de continuer à s'occuper chacun de leurs patients", réagit le docteur Gaudiller.

Les prochains médecins qui arrivent sur le territoire, s'ils enquêtent un petit peu avant de venir, risquent d'être dans une balance négative si on a le sentiment d'une insécurité sur le territoire.

Marie-Laure Gaudiller, présidente du syndicat des médecins libéraux

Ecoutez Marie-Laure Gaudiller, au micro de Mathieu Ruiz Barraud :

Des patients et des confrères choqués à Kaméré

Au centre médical de Kaméré, où travaille le généraliste qui a été agressé, l'émotion est grande. Les sentiments oscillent entre colère, appréhension et lassitude. Des patients et des collègues se sont confiés à Mathieu Ruiz Barraud :

Véronique Rouvière est kinésithérapeute dans le quartier. Elle va continuer à travailler mais "dans la méfiance". "On espère que ça ne va pas être une escalade et que ça ne va pas devenir une habitude", témoigne-t-elle, à Mathieu Ruiz Barraud :

Une tentative de vol au dispensaire de Canala

Porte-parole du gouvernement, Gilbert Tyuienon était l'invité de la matinale radio, jeudi matin. Il a réagi à ce fait divers. D'autant que dans la nuit de mardi à mercredi, lors d'une tentative de vol au dispensaire de Canala, un vigile a été caillassé et deux véhicules ont été saccagés par un groupe de jeunes. "Nous avons déjà beaucoup de mal à recruter des professionnels de santé en province Nord et puis c’est aussi toute la population qui est pénalisée", insiste-t-il.

Nous avons affaire à une espèce de mode dans le pays. Très clairement, on ne peut pas laisser les choses se faire.

Gilbert Tyuienon, porte-parole du gouvernement

Le maire de Canala, en appelle à "la responsabilité des parents". Ecoutez-le au micro de Sheïma Riahi :

Une désertification médicale en brousse et dans le Grand Nouméa

"Tous les professionnels de santé du territoire, du public et du privé, sont régulièrement la cible de mauvais traitements à leurs personnes, et à leurs biens", poursuit un communiqué du syndicat des médecins libéraux qui "condamne fermement le caractère insoutenable de cette violence à leur encontre". Le syndicat rappelle que "les premières victimes de la désertification médicale sont la brousse et le Grand Nouméa, qui subissent une double peine : l’éloignement des médecins concentrés à Nouméa et les délais d’attente de plus en plus long."

A Kaméré, les habitants ne redoutent qu'une chose : que l'insécurité perdure et fasse partir tous les médecins, ce qui entraînerait la fermeture de la structure de santé de proximité.

Retrouvez, ci-dessous, le communiqué du SML :