Un mouvement de grève de l'USTKE retarde les vols à l'aérodrome de Magenta

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Air Calédonie pilote grève
L'USTKE a planté son piquet de grève dès 5 heures ce jeudi. Aucune annulation n'est à déplorer. ©Natacha Lassauce-Cognard / NC la 1ère
Les vols d'Air Calédonie depuis Magenta accusent des retards, ce jeudi. En cause, un mouvement de grève déclenché par l'USTKE à 5 heures ce matin. Le syndicat proteste contre la fin de contrat de travail d'une pilote et souhaite s'entretenir avec la direction. La compagnie assure avoir fait son maximum.

Depuis 5 heures ce jeudi, une vingtaine de syndiqués de la section STKE d'Air Calédonie fait grève devant l'aérodrome de Magenta. Le préavis a été déposé le 2 juin pour la réintégration d'une pilote au sein de la compagnie. Dans la matinée, aucune annulation n'était prévue au programme de vols de ce jour. Sauf du retard, allant de 30 minutes à 1 heure. Les perturbations devraient se poursuivre dans l'après-midi. 

Chacun campe sur ses positions

La pilote était en CDI en 2020, puis en CDD après la crise Covid en 2021. "Malgré plus de deux ans de formation", elle n'aurait pas "atteint le niveau exigé pour piloter sur le réseau", selon Air Calédonie. En mai, son contrat d'officier de pilote de ligne n'a pas été renouvelé par la compagnie aérienne. L'USTKE regrette un manque de considération envers la jeune femme dans le cadre de sa formation continue. 

Christelle n'a pas eu de traitement au niveau de sa formation, qui a subi beaucoup d'interruptions. Elle n'a pas pu avoir assez d'exercice sur le pilotage, elle a essuyé plusieurs contrats de CDD. Elle n'a pas pu suivre une formation continue qui lui aurait permis d'aller au bout du processus et d'être lâchée sur d'autres lignes, avec à la clé, l'intégration des effectifs.

Édouard Muraccioli, représentant USTKE à Air Calédonie

Les négociations entamées depuis deux mois n'ont pas permis d'aboutir à un consensus. La compagnie locale et le syndicat se renvoient la balle. Air Calédonie assure avoir été "force de proposition pour poursuivre [le] parcours [de la pilote] en vue d'acquérir les pré-requis nécessaires et ainsi pouvoir envisager une réintégration".

Selon Samuel Hnepeune, président de la compagnie aérienne, "de nombreuses propositions ont été faites à la pilote tels qu'un contrat à durée déterminée dans un pôle technique ou encore une formation à Tahiti". En revanche, la direction indique qu'elle ne "transigera jamais sur la sécurité de ses passagers". 

A la base de ce conflit, l'USTKE dénonce aussi un "fait de discrimination". Edouard Muraccioli décrit "un contexte anxiogène tout au long du déroulé de sa formation". Ce à quoi la direction d'Aircal rétorque être "soucieuse de soutenir l'emploi local et accompagner les jeunes calédoniens attirés par les métiers aéronautiques." 

Un reportage de Natacha Lassauce-Cognard et Carawiane Carawiane