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Pas d’accord entre les loyalistes sur le partage des institutions

Les négociations entre l’Avenir en confiance et Calédonie Ensemble semblent bel et bien enterrées. Les deux formations n’ont pas réussi à s’entendre sur le partage des présidences entre la Province Sud, le Congrès et le gouvernement. Chacun en rejette la faute sur l’autre. 

© NCla1ère
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  • Par Caroline Moureaux
  • Publié le , mis à jour le
Les tractations avaient débuté dès le soir des élections provinciales. Elles n’auront semble-t-il duré que quatre jours et s’achèvent sur un constat d’échec.
Au coeur des discussions, les présidences de la province Sud, du gouvernement et du Congrès.
Pour conserver une majorité non-indépendantiste, il fallait une alliance, ou du moins, un partage. Dès dimanche soir, Sonia Backès parlait de main tendue à ceux qui avaient voté Non au référendum, et notamment à Calédonie ensemble.
Mais ce jeudi, rien ne va plus. L’Avenir en confiance publie en début d’après-midi un communiqué et Calédonie Ensemble organise une conférence de presse dans l’après-midi. Et chacun de dévoiler sa vérité, à coups de petites phrases assassines.

« Une offre généreuse et responsable »

L’Avenir en confiance indique avoir proposé la présidence du Congrès à Calédonie ensemble, alors qu’il entendait de son côté présider la Province Sud et le gouvernement.
« Philippe Gomès a malheureusement balayé cette offre généreuse et responsable, refusant ainsi la constitution d’une majorité non indépendantiste » poursuit le communiqué qui accuse Philippe Gomès de vouloir « mener une politique de la terre brulée qui fait peser le risque à toute la Nouvelle-Calédonie et à ses habitants d’une crise institutionnelle et démocratique, dont les conséquences économiques et sociales seront destructrices. »
 

Une victoire qui « confère tous les droits » ?

Autre son de cloche du côté de Calédonie Ensemble. Le parti de Philippe Gomès dénonce l’attitude de Sonia Backès, Thierry Santa et Gil Brial, estimant que « probablement enivrés par leur victoire, ils considèrent qu’elle leur confère tous les droits… » Et de rappeler qu’un « accord de partage des responsabilités a toujours été conclu entre les formations non-indépendantistes en 2009 comme en 2014. […] L’équation a toujours été la même : le mouvement qui arrive en tête décide de l’institution qu’il souhaite présider entre la province et le gouvernement, la formation qui est en second assume la responsabilité de l’autre institution et enfin, la formation arrivée en troisième position, préside le congrès. Et en ce qui concerne la province Sud, la formation qui en assumait la présidence a systématiquement associé les autres sensibilités au travers des vice-présidences. »
Les explications de Philippe Dunoyer, au micro de Martine Nollet 


Pour l’Avenir en confiance qui devrait s’exprimer sur le sujet ce vendredi, « il est démocratiquement juste que [nous assurions] la présidence de la province Sud et du gouvernement afin d’instaurer une politique de relance économique et sociale ». Et de rappeler qu’avant le 12 mai, Calédonie Ensemble et son allié Gaël Yanno tenaient l’ensemble des trois institutions.
 

« Assumer les conséquences »

Calédonie Ensemble qui prévient que si l’Avenir en confiance « décide d’ignorer Calédonie Ensemble et prétend diriger seul toutes les institutions du pays, il devra assumer les conséquences politiques de ce comportement hégémonique. L’Avenir en confiance n’est pas à la hauteur du devoir de rassemblement qui lui incombe ». 
Calédonie Ensemble conclut en se considérant « libre de tout engagement à l’égard de l’Avenir en confiance, au sein de la province Sud comme au sein du congrès et du gouvernement. »
 

« Ne pas tomber dans le piège »

L’Avenir en confiance enfin lance un appel aux élus de Calédonie ensemble, en pointant directement la responsabilité de Philippe Gomès : « C’est avec gravité et responsabilité que nous demandons aux autres élus de Calédonie Ensemble, notamment à la nouvelle génération, de ne pas tomber dans le piège de la folie d’un homme qui souhaite se maintenir au pouvoir au prix d’arrangements qui vont à l’encontre de tous les principes démocratiques. » 
Bref, les jours qui viennent promettent d’être agités et la donne politique incertaine. 

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