Forum économique de l'APEC : la Nouvelle-Zélande pionnière de la diplomatie numérique

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Réunion virtuelle des ministres de l'APEC le 10 novembre. ©APEC
Les dirigeants de 21 pays du Forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) vont participer à un sommet virtuel organisé par la Nouvelle-Zélande. Les présidents chinois et américains y prendront la parole. Même à distance, les tensions régionales seront sans doute perceptibles.

Le libre-échange et l'ouverture des économies seront les moteurs du redressement de la région Asie-Pacifique après la pandémie, ont déclaré mercredi les ministres du Commerce et des Affaires étrangères de la région lors d'une réunion virtuelle en amont du sommet du Forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Il se déroule dans les prochains jours depuis le Centre Aotea à Auckland.

Ce Forum est une opportunité pour la Nouvelle-Zélande d'apparaître comme une pionnière de la diplomatie numérique. Le Forum implique des centaines de réunions et d'événements virtuels avec 21 économies dans 11 fuseaux horaires. 

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Un Forum APEC entièrement virtuel ©APEC

Economies régionales

"C'est le libre-échange, équitable et ouvert, qui aidera les économies à sortir de cette pandémie", a déclaré le ministre néo-zélandais du Commerce, Damien O'Connor, hôte de la réunion. "Nous avons besoin d'ouverture pour stimuler la croissance mondiale, c'est en effet le commerce qui présente la solution à nos défis", a-t-il ajouté.

Mercredi, les ministres concernés des 21 pays de l'APEC étaient réunis en visio-conférence. Samedi, une réunion au sommet, elle aussi virtuelle, réunira les chefs d'État. Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping y prendront la parole.

M. O'Connor a déclaré que les points essentiels de la discussion comprenaient un plan de gel volontaire des subventions aux énergies fossiles et des engagements à assouplir les droits de douane sur les vaccins et autres fournitures médicales en cas de pandémie.

La nécessité de ne pas ériger de barrières commerciales, en réponse aux défis posés par la pandémie, a fait consensus parmi les ministres réunis, selon M. O'Connor.

"Quelque 81 millions d'emplois ont été perdus dans la région en raison du Covid-19 et l'impact sur les chaînes d'approvisionnement a été important, mais les membres de l'APEC ont rejeté le protectionnisme pendant cette crise", a-t-il poursuivi.

Les 21 économies membres de l'APEC représentent collectivement près de 40% de la population mondiale et environ 60% du PIB mondial. Une précédente réunion virtuelle sans précédent avait réuni les dirigeants de l'APEC en juillet dans le but d'améliorer la réponse des pays de la région face à la pandémie de Covid-19.

Energies fossiles 

La ministre néo-zélandaise des Affaires étrangères, Nanaia Mahuta, a déclaré mercredi que les membres de l'Apec avaient convenu d'envoyer un message fort sur l'arrêt de toute augmentation des subventions aux énergies fossiles.

"Ces subventions coûtent à nos économies des milliards de dollars par an, mais le véritable impact se fait sentir sur notre environnement", a-t-elle déclaré.

Le sommet de l'APEC devait initialement se tenir à Auckland, mais il est organisé en ligne pour la deuxième fois en raison du Covid-19. La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a estimé que la plateforme numérique était plus facile d'accès qu'un événement en présentiel.

Au programme des discussions de samedi : comment rouvrir les frontières sans propager le virus, comment assurer une reprise équitable en cas de pandémie et comment s'orienter vers une économie sans carbone. 

Tensions régionales

Le débat en marge du sommet sera dominé par les candidatures de la Chine et de Taïwan pour rejoindre le Partenariat trans-pacifique global et progressiste (CPTPP), qui est le plus grand pacte de libre-échange de la région, entre 11 pays : Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam.

La Chine, qui considère l'île comme faisant partie de son territoire, est opposée à l'adhésion de Taïwan, tandis que l'Australie ne souhaite pas que la Chine fasse partie du groupe, en raison d'un différend commercial persistant.

Les États-Unis, par la voix du président Jo Biden, voudront également profiter de l'événement pour réaffirmer leur engagement en faveur du commerce dans la région indo-pacifique après des années de politiques protectionnistes sous l'administration de Donald Trump. 

Le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, prendra la parole lors du sommet de l'APEC le jeudi 11 novembre et le vendredi 12 novembre.