Travailleurs sociaux et assesseurs coutumiers se rencontrent pour mieux agir ensemble

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Le séminaire entre assesseurs coutumiers et travailleurs sociaux s'est tenu sur les hauteurs de Jacarandas.
Le séminaire entre assesseurs coutumiers et travailleurs sociaux s'est tenu sur les hauteurs de Jacarandas. ©Nadine Goapana et Lina Waka-Ceou
Une quarantaine d’éducateurs spécialisés et d’assesseurs coutumiers étaient réunis en séminaire de travail ce jeudi 5 mai à Dumbéa. Ils ont confronté leurs regards sur des problématiques communes telles que l’enfance en danger et l’accompagnement social en tentant d’y répondre.

Deux profils distincts, qui interviennent sur les mêmes affaires judiciaires, sans jamais se rencontrer. Ce jour-là à Dumbéa, des éducateurs de l’Association pour la protection de l’enfance et de la jeunesse (APEJ) et des assesseurs coutumiers sont assis à la même table. 

L’objectif du jour ? "C’est de faire se rencontrer des acteurs de la protection de l’enfance, du travail social qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer pour réfléchir un peu à ce qu’on peut faire ensemble en matière justement d’accompagnement social des familles en difficulté, de protection des enfants", explique Patrice Godin, membre de l’APEJ.

C’est aussi l’occasion de "se demander ce qu’est un enfant en danger, de confronter les points de vue et d’essayer de voir l’importance de la culture comme un élément clé de l’accompagnement", poursuit-il. 

La coutume appelée à s'adapter

Mis en place en 1982, les assesseurs coutumiers sont des juges non professionnels qui siègent exclusivement au tribunal civil. Ils apportent leur expertise coutumière sur la place de l’enfant dans le clan et sur les enfants issus d’une relation interdite. Ils s’intéressent à d’autres questions : l’adoption, l’astiquage, le concubinage, la place des filles mères et des violences exercées au sein de la famille. Car, la coutume est appelée à s’adapter aux nouveaux modes de vie en ville comme en tribu. 

La mission des assesseurs n’est pas toujours simple. "J’interviens sur le tribunal des enfants, introduit Suzanne Boehe Boehe, assesseur coutumier de l’aire ajië-arhö. Le problème qu’on rencontre, c’est qu’on n’a pas les mêmes pratiques dans les aires. Ça vaut au niveau des assesseurs, aussi. Peut-être que ce séminaire va nous amener à nous retrouver ensemble et à améliorer notre travail en tant qu’assesseur." 

Améliorer la communication

Mais la méconnaissance des différentes pratiques coutumières du tribunal, le manque de coordination, de temps, et d’un espace dédié à l’étude des dossiers sont tels que les assesseurs coutumiers se retrouvent très souvent devant le fait accompli au cours des audiences. 

"Parfois, on est appelé à statuer sur quelque chose dont on n'est pas du tout informé, fait remarquer Ty Jomessy, assesseur coutumier de l’aire Iaai. Pour essayer de prendre les bonnes décisions au tribunal, je pense qu’il y a tout un travail à faire au niveau de la communication entre nous, les services, le tribunal."

Ce séminaire est appelé à se renouveler pour élaborer à terme des méthodes de travail et de communication. Un élément déterminant pour que les assesseurs coutumiers et les travailleurs sociaux interviennent au mieux sur les affaires familiales et civiles qu'ils ont à traiter.

Regardez le reportage de Nadine Goapana et Lina Waka-Ceou

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