Vendredi 13 : chance ou malchance pour le nickel en Nouvelle-Calédonie ?

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NICKEL
Haubans en acier inoxydable espagnol et nickel calédonien (SLN25) du plus grand pont du Royaume-Uni à Edimbourg. Le Queensferry Crossing Bridge. ©Alain Jeannin
Les échanges sur le marché du nickel ont tourné au ralenti. Seul fait saillant de ce vendredi 13, le métal est parvenu à préserver ses gains hebdomadaires, le cours est au plus haut depuis mars 2019. Jim Lennon, l’analyste du nickel, a fait part de ses craintes pour l’usine du Sud.
Chacun se forgera sa propre opinion, et c'est bien normal quand on parle du nickel. Ce fut un vendredi 13 plutôt endormi pour le métal. C'est de tradition pour la bascule de la cotation à trois mois de l’indice des matières premières à la Bourse des métaux de Londres (LME). La fourchette des prix du nickel et les volumes échangés ont été atténués, le cours de clôture a trés légèrement fléchi par rapport à son plus haut de 16 090 dollars la tonne, mais il reste sur une ligne de crête élevé.


Marché du nickel

En Asie, la demande du secteur des batteries automobiles a soutenu le nickel ainsi que les espoirs de plus de relance, alors que les inquiétudes concernant le coronavirus persistent. L’avenir pourrait être moins favorable que le présent avec des ventes et des prix plus agressifs sur les contrats à trois mois (-1,25%), selon la dernière estimation du LME transmise à Outre-mer 1ère.

"C'est toujours la même histoire pour le nickel, où le cours officiel au LME résiste relativement bien alors que ce prix ne correspond pas à celui payé aux métallurgistes du nickel » a souligné l’analyste Richard de Boltz pour Marex Spectron. Autrement dit, les marges bénéficiaires réalisées depuis un mois par les producteurs de ferronickel, notamment calédoniens, subiraient toujours une décote. Elle serait la conséquence du dumping et des rabais sur les prix consentis, à la demande des sidérurgistes asiatiques, par de grands producteurs indonésiens.


Géant invisible

L'Indonésie "ce géant invisible" est au centre de la dernière analyse réalisée par l’observateur le plus pointu du nickel calédonien à Londres, Red Door Research (RDR). Cette société d’étude et de recherche est proche du géant bancaire australien des matières premières, Macquarie. L’étude de RDR intègre un tableau qui montre notamment le doublement de la production indonésienne de nickel (285.000 tonnes de métal) pour les trois premiers trimestres de l’année 2020 par rapport à 2019.
 

Usine du Sud

L’Indonésie et ses producteurs pourraient-ils profiter du bras de fer et des tensions qui fragilisent l’usine du Sud ? "En tout cas, la situation n’est pas bonne, cela confirme que la Nouvelle-Calédonie est un endroit difficile pour investir et faire avancer les choses. J'espère malgré tout que l'accord entre Vale et le consortium (Nouvelle-Calédonie-Trafigura ndlr) sera conclu pour garantir l'avenir de ce grand site industriel" a estimé Jim Lennon, interrogé par Outre-mer 1ère. Le fondateur de Red Door Research, originaire de Nouvelle-Zélande, est l’expert le plus connu mondialement du "métal du diable".

Cours du nickel au LME de Londres le 13/11/2020 aprés clôture : 15 942 dollars/tonne + 0,24% [5 jours +3,93%]
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