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Fécamp et Saint-Pierre et Miquelon sont liés par une histoire commune : la grande pêche, celle qui emmenait les marins de la région normande vers Terre-Neuve et le cabillaud. La ville s’est petit à petit détournée de la pêche harenguière et de la pêche fraîche pour la pêche morutière, passant des voiliers aux chalutiers, jusqu’aux navires usines avec congélation.
Nous vous proposons un détour sonore par Fécamp pour explorer ce qu’il reste de cette industrie qui s’est étalée sur cinq siècles : dans la ville d’aujourd’hui, dans ses relations avec l’archipel, dans la mémoire des derniers Terre-Neuvas qui transmettent leur histoire et à travers l'engagement de ceux qui font vivre ce patrimoine.

 

La pêche inscrite dans la pierre

Le musée des pêcheries de Fécamp © Julie Straboni

De Fécamp, qui a été un temps le premier port morutier français, les navires partaient rejoindre les grands bancs de Terre-Neuve au Canada. Trente ans après l’arrêt de la pêche à la morue, elle reste inscrite dans la pierre et les esprits… alors que des témoins de cette période faste ferment boutique.

Un reportage à écouter :

Le lien avec Saint-Pierre-et-Miquelon

Une facture éditée à Saint-Pierre-et-Miquelon pour le chalutier Le Dauphin, dernier morutier fécampois. Archives de l'armement André Ledun qui montre le poids économique de cette pêche dans les ports d'escales. Ici 49 080 francs soit 21 000€. © Archives municipales de Fécamp

La grande pêche a marqué l’histoire de Saint-Pierre et Miquelon : pendant la seconde moitié du XIXe siècle, l’archipel a connu un essor économique important grâce à la pêche à la morue. Port de relâche et d’approvisionnement pour les bâtiments terre-neuviers, le territoire de l’Atlantique nord habite encore la mémoire des marins et des villes qui les voyaient prendre la mer.

Témoignages, archives, jusqu’au monument en hommage aux marins disparus surplombant le port normand : Saint-Pierre et Miquelon reste ce morceau de France que l’on était heureux de retrouver après plusieurs mois de mer. Et le lien mémoriel et amical avec l'archipel est toujours vivace. 

Retrouver la trace du passé

Les estacades de Fécamp © Julie Straboni

La grande pêche a marqué l’histoire de Fécamp, qui a été un temps le premier port morutier français. Dans le port de la Côte d'Albâtre, Julie Straboni a rencontré ceux qui entretiennent le souvenir d’une économie qui faisait vivre chaque famille de près ou de loin.

Grâce à la récupération de photos d’époque et de témoignages, toutes les générations communiquent : celles qui racontent, celles qui approfondissent et celles qui découvrent. Où la transmission orale a permis de comprendre la réalité d’un travail de forçat.

La collecte des historiens

Une photo de mariage retrouvée dans les négatifs du portraitiste Charles Gombert, où le marié arbore fièrement sa casquette de marin, "plétée" à la fécampoise. Il épouse une filetière, chargée de faire des filets de poisson. © Archives municipales de Fécamp.

Fécamp et la pêche à la morue restent étroitement liées, trente ans après la fin des départs vers Terre-Neuve, l’Islande, la Mer blanche ou le Groenland. Le port normand fait partie des 90 communes du littoral français qui armaient pour la grande pêche.

Aujourd’hui il s’agit de rendre visibles les documents qui témoignent du quotidien en mer… et sur terre. Patrimoines matériel et immatériel : les chants de marins racontent le passé quand de menus objets traduisent une intimité. 

Commémorer et transmettre la mémoire des Terre-Neuvas

Dans la Chapelle Notre Dame du Salut, qui surplombe Fécamp. Où l'on se souvient des marins disparus en mer. © Julie Straboni

Plusieurs générations de Terre-Neuvas se sont succédées, et l'Association des Terre-Neuvas de Fécamp a vu le jour dans les années 90. Ses membres ont relancé la tradition de la Saint-Pierre des marins le premier week-end de février. Son nouveau projet : rénover la chapelle Notre-Dame du salut. 

Remerciements

Merci à la municipalité de Fécamp et à Virginie Sampic
A Manuel Martin des archives municipales
A Marie-Hélène Desjardins du Musée des pêcheries
A Daniel Savoye de l'Association des Terre-Neuvas de Fécamp
A Michel Colleu de l'Office du patrimoine culturel immatériel
A L'Armée du chalut
Aux Gogotiers