Congrès des Maires: "Nous ne sommes pas écoutés"

politique
CONGRES DES MAIRES
©Polynésie 1ère
Le 25ème congrès des communes s'achève cet après midi à l'U.P.F. 48 tavana y étaient représentés et plus de 100 personnes ont assisté aux travaux sur deux jours. Et les élus ne sont pas privés d'exprimer leurs doléances: pas assez de moyens, délais trop courts pour assumer leurs nouvelles compétences.

Jean Claude TERIIEROITERAI, chef d'entreprise et observateur au congrès, résume bien l'état d'esprit des Maires: "Les élus communaux trouvent qu'ils ne sont pas écoutés, respectés, entendus. Ils se considèrent comme des mendiants qui vont réclamer leur dû".

Les chiffres parlent d'eux mêmes: 73% des tavana affirment ne pas avoir bénéficié des moyens techniques et financiers nécessaires à leur développement.  Et 61% d'entre eux ne pourront pas tenir les délais en matière de nouvelles compétences (assainissement, ordures ménagères).

C'est le cas du Maire de Hiva Oa (Marquises), Etienne TEHAMOANA: "Impossible chez nous de respecter le timing. Par contre, nous sommes en faveur d'un rapprochement avec Tahiti pour le réglement de tous ces problèmes concrets. Arrêtons de parler départementalisation, nous, on est pas pour !"

Près des 3/4 des élus se disent favorables à un comité des finances locales (NDLR: coprésidé actuellement par l'Etat et le Pays) qui soit entièrement géré par eux. Quand au bilan de leur mandature, 74% des tavana disent "oui" à un autre mandat, même s'ils doivent faire face à l'éloignement.

C'est le cas de Maiarii TEHIIRA, Maire de Manihi (Tuamotu): "Ici, la vie au quotidien est difficile. La baguette de pain peut se vendre jusqu'à 250 FCP. Le gros problème de l'enclavement ce sont les transports et leur prix exhorbitant. Autant prendre un aller simple pour Hawai que venir chez nous, en touristes, c'est le même tarif !"

Le vice président Nuihau Laurey devait prendre la parole, cet après midi, pour clôturer ce congrès qui a aussi permis de prendre position sur des sujets de société. A une courte majorité (58%), les élus locaux sont opposés au mariage homosexuel.

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