Décès du leader indépendantiste kanak Nidoish Naisseline

décès
Nidoish Naisseline
©Calédonie 1 ère
Le leader indépendantiste kanak Nidoish Naisseline est décédé aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie d'un cancer à l'âge de 69 ans, a-t-on appris auprès du ministère des Outre-mer
Grand chef du district de Guahma, le plus important de l'île de Maré, M. Naisseline était l'un des signataires des accords de paix de Matignon en 1988, comme leader du petit parti LKS (Libération kanak socialiste), aux cotés de Jacques Lafleur anti-indépendantiste) et Jean-Marie Tjibaou (indépendantiste) .
             
La ministre George Pau-Langevin a rendu hommage  "avec respect, à la mémoire d'un homme de convictions qui s'était distingué par des positions humanistes très affirmées", selon un communiqué.
             
"De la fondation du Palika (1976), puis du LKS (1981), à la présidence des Îles Loyauté (1995-1999), et tout au long de sa vie publique, il aura été un homme de dialogue défendant son idéal d'une Nouvelle-Calédonie multiethnique et multiculturelle, et montrant son attachement à la promotion des femmes", a souligné Mme Pau-Langevin.
             
Né le 27 juin 1945, dans la tribu de Nece à Maré (province des îles Loyauté), il est l'héritier de la famille qui dirige la grande chefferie. Il succède en 1973 à son père Henri, qui avait été le premier chef coutumier à répondre à l'appel du général de Gaulle.
             
Avant cela, il obtient une maîtrise de sociologie en 1971 à la Sorbonne. Son engagement politique remonte à 1969, début de la revendication d'identité culturelle mélanésienne qui conduira en 1972 à la création du mouvement des "Foulards rouges" et lui vaudra deux séjours en prison.
             
Co-fondateur en 1976 du Palika, il le quitte en 1981, désapprouvant la tendance marxiste prise et fonde le LKS. Ce parti indépendantiste propose ce qu'il nomme une "stratégie mixte" visant à occuper les institutions tout en menant un travail de développement des communes et de conquête des circuits économiques.
             
Le LKS, qui prône la non-violence et la participation aux institutions, quittera en 1984 le Front indépendantiste (FI) au moment où il se transforme en FLNKS et lance le boycott actif des élections de novembre 1984, qui marquent le début des troubles politiques.
             
Nidoish Naisseline, qui a siégé à l'Assemblée Territoriale puis au Congrès depuis 1977 sous différentes étiquettes, est signataire en 1988 des accords de Matignon. Elu en 1989 à l'assemblée de la province des Iles Loyauté (PIL), il n'y siège cependant pas, mis en cause après l'assassinat de Jean Marie Tjibaou et de Yeiwéné Yeiwéné.
             
Son parcours politique a parfois surpris car il a multiplié les volte-face, s'alliant alternativement à d'autres partis indépendantistes dont le Front FLNKS ou aux anti-indépendantistes du RPCR de Jacques Lafleur.
             
Ainsi en 1995 il parvient à la présidence de la PIL avec les voix du RPCR et d'un mouvement indépendantiste modéré, mais après trois années marquées par de nombreux problèmes de gestion concernant notamment la desserte maritime, il est lâché par le RPCR et réélu avec les voix du FLNKS.
             
Il ne signera pas l'accord de Nouméa en 1998, mais participera à son élaboration, en se plaçant sur la même ligne que Jacques Lafleur qui tient à éviter un "référendum couperet" pour ou contre l'indépendance au profit d'une solution consensuelle.
             
En 2004, il accède à la présidence de la compagnie aérienne locale Aircal et de la commission des transports du Congrès. De gaves incidents faisant 4 morts et une trentaine de blessés en 2011 sur son île de Maré dans le cadre d'un conflit syndicalo-coutumier sur le prix des billets l'affectera durablement.
             
Nidoish Naisseline s'était retiré de la vie politique en janvier 2014, affaibli par la maladie.
 
Source : AFP

Voici le message de condoléances du gouvernement polynésien:

Condoléances gouvernement polynésien

 

Les Outre-mer en continu
Accéder au live