Miss Canada persona non grata à Miss Monde

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Miss Canada persona non grata à Miss Monde
Anastasia Lin, Miss Canada 2015 ©DR
La représentante du Canada au concours de beauté Miss Monde a affirmé lundi que la Chine, son pays de naissance, ne voulait pas qu'elle se rende à la finale de ce concours de beauté, en raison de ses prises de position en faveur des Droits de l'homme.


«Ils ne m'ont pas envoyé la lettre d'invitation requise pour demander un visa», a déclaré à l'AFP Anastasia Lin, une actrice de 25 ans élue en mai pour représenter le Canada à la finale de Miss Monde, qui aura lieu le 19 décembre dans la station balnéaire de Sanya, située dans l'extrême sud de la Chine. Selon elle, d'autres participantes ont cette lettre en mains depuis fin octobre.

 

Propos publics sur les droits de l'homme


Anastasia Lin pense que ce refus des autorités chinoises est délibéré, car elles craignent qu'elle ne se serve de l'événement, qui sera télévisé en Chine, pour interpeller l'opinion sur l'état des Droits de l'homme dans ce pays.
En effet, la jeune femme milite depuis plusieurs années en faveur des droits de l'homme en Chine, dont elle a dénoncé les violations, aussi bien dans des films que dans des interventions publiques, notamment la persécution dont sont victimes les adeptes du mouvement spirituel Falun Gong, interdit par Pékin.
Elle-même adepte de ce mouvement d'inspiration bouddhiste et taoïste apparu dans les années 1990, Anastasia Lin avait témoigné en juillet devant une commission du Congrès américain qui se penchait sur les persécutions religieuses en Chine.


Son père persécuté?


 
Elle avait déclaré aux élus américains qu'elle «voulait parler au nom de ceux qui sont battus, brûlés et électrocutés en Chine en raison de leur croyance». Elle a aussi affirmé que son père, qui vit en Chine, avait été contraint par des responsables de la sécurité de faire pression sur elle pour qu'elle cesse ses dénonciations.
«Mon père était tellement fier de moi lorsque j'ai été couronnée Miss Canada» pour le concours Miss Monde, a-t-elle dit. «Il a reçu des centaines de messages de félicitations. Mais au bout de quelques jours, le ton de mon père a changé. Il m'a nerveusement dit que je devais cesser de parler des droits de l'homme en Chine et que, sinon, il serait forcé de couper ses contacts avec moi. Je comprends que mon père a reçu la visite d'agents de sécurité chinois, qui l'ont contraint de faire pression sur moi de cette façon.»

Source Afp