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Des aborigènes de la "génération volée" accusent le gouvernement australien

Des Aborigènes de la "génération volée" d'Australie, ces enfants enlevés de force à leur famille au nom de l'assimilation, accusent le gouvernement d'avoir failli à ses promesses de réparation et de prolonger leurs souffrances.

Des aborigènes de la "génération volée" accusent le gouvernement australien (illustration) © CC0 Jmich1955 / Flickr
© CC0 Jmich1955 / Flickr Des aborigènes de la "génération volée" accusent le gouvernement australien (illustration)
  • AFP/CM
  • Publié le
Le terme "génération volée" désigne des milliers d'enfants autochtones retirés de force à leurs proches, de 1910 jusqu'aux années 1970, pour être placés dans des institutions ou des familles blanches à des fins d'assimilation. Nombre d'entre eux n'ont plus jamais revu leurs parents ou leurs frères et soeurs.
              
En 1997, un rapport intitulé "Ramenez les à la maison" et résultant d'une enquête nationale, avait reconnu que les droits de ces enfants avaient été violés et préconisait une série de mesures de soutien.
              
Une des propositions clé de ce rapport - que l'Australie présente des excuses nationales - fut réalisée en 2008. 
              
Mais deux décennies plus tard, les victimes dénoncent le racisme institutionnel toujours d'actualité et l'échec des autorités à affronter les problèmes de santé mentale des personnes touchées, même si des financements ont bien été attribués à ses programmes de conseils et au soutien des familles.
              
"Pour de nombreux membres de la génération volée, cette situation crée des traumatismes et du désarroi supplémentaires", assure un second rapport appelé "Ramenez les à la maison, 20 ans après", rédigé par The Healing Foundation, association de soutien aux Aborigènes et qui vient d'être publié.
              
"Les traumatismes ont été retransmis aux enfants et petits-enfants, contribuant à bon nombre des problèmes des communautés autochtones, y compris la violence familiale, la toxicomanie et les automutilations".
              
Une des victimes citée, Lorraine Peeters, avait quatre ans quand elle a été enlevée à sa famille et placée dans une Ecole de domestiques pour Aborigènes. Elle dit avoir subi "un lavage de cerveau pour agir, parler, se vêtir et penser comme les Blancs".
              
"On avait pas le droit de parler notre langue, ou de notre culture, ou de nos familles. Ce n'est que quand j'ai atteint la cinquantaine que j'ai eu des problèmes mentaux, ressenti un traumatisme. Il y avait en moi une Aborigène qui essayait de sortir".
              
"Le comportement est acquis. Si mes enfants me voient anxieuse, si j'ai peur, si j'ai des problèmes avec l'alcool, ce comportement va déteindre sur eux. Cela va continuer. Nous devons revoir les préconisations qui n'ont pas été mises en oeuvre".
 

Une enquête nationale ?
            

La Healing Foundation appelle à une enquête nationale sur les traumatismes intergénérationnels et à évaluer les besoins des victimes à mesure qu'elles vieillissent.
              
Il n'existe pas de chiffres précis sur le nombre de personnes concernées. Le rapport de 1997 estimait qu'au minimum un Aborigène et un indigène du détroit de Torrès sur dix avaient été enlevés à sa famille.
              
Les Aborigènes et indigènes du détroit de Torrès vivent en Australie depuis plus de 40.000 ans et forment la population la plus pauvre et la plus marginalisée du pays.
              
Lors de l'arrivée des colons européens en Australie en 1788, les Aborigènes étaient environ un million. Ils ne représentent plus aujourd'hui que 3% des 24 millions d'Australiens.
 

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