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Climat : les pays insulaires du Pacifique appellent à une action urgente

Les dirigeants des îles Cook, des Samoa et de Kiribati, Etats insulaires particulièrement vulnérables au changement climatique ont lancé un appel à l'action urgente, à quelques jours de la fin de la COP24 où les négociations pour donner vie à l'accord de Paris font face à de nombreux obstacles.  

La montée des eaux ne cesse de progresser. Conséquence : l'avenir d'une île comme Kiribati est très préoccupante. Dans le Pacifique, la situation de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, l'est tout autant. © PLAN INTERNATIONAL AUSTRALIA
© PLAN INTERNATIONAL AUSTRALIA La montée des eaux ne cesse de progresser. Conséquence : l'avenir d'une île comme Kiribati est très préoccupante. Dans le Pacifique, la situation de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, l'est tout autant.
  • AFP/CM
  • Publié le , mis à jour le


"J'ai peur pour l'avenir de mes enfants et celui des générations futures. Il est évident que nos efforts actuels ne sont pas suffisants" pour limiter le réchauffement à +1,5°C, objectif idéal de l'accord de Paris, a déclaré le Premier ministre des Iles Cook Henry Puna, à la COP24 en cours à Katowice.

"Nous devons tous agir maintenant, et rapidement, mais je dois souligner que cela requiert une forte volonté de notre part à nous, dirigeants", a ajouté le président de Kiribati, Taneti Maamau.

Quelque 200 pays sont réunis depuis début décembre notamment pour finaliser les règles d'application du pacte climatique de 2015 qui vise à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle. Des règles nécessaires pour libérer le potentiel de cet accord historique.

Après l'alerte rouge lancée récemment par les scientifiques du Giec, beaucoup de pays attendent également de cette 24e Conférence climat de l'ONU un engagement de la communauté internationale à réhausser ses ambitions en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Mais dans un contexte géopolitique compliqué, la bataille du week-end entre la majorité des délégations d'un côté et de l'autre Etats-Unis, Arabie saoudite, Russie et Koweit qui ont refusé d'"accueillir favorablement" le rapport du Giec, est interprétée comme un signe négatif.

"Mon inquiétude est exacerbée par le fait que cette COP n'a pas encore pu trouver un consensus pour saluer ce rapport (...) simplement parce que certains ne veulent pas accepter la dure réalité qu'il dépeint", a dénoncé le chef de gouvernement des îles Cook.

"Que Katowice soit un moment d'espoir pour les générations futures plutôt qu'une fin, liée à un héritage d'égoïsme, de déni et d'ignorance", a plaidé son homologue des îles Samoa, Tuilaepa Lupesoliai Sailele Malielegaoi.

Aucun compromis sur la façon de faire référence au rapport du Giec n'a pour l'instant émergé.

Les négociations sur les règles d'application de l'accord de Paris semblaient également toujours buter mardi sur des questions liées à la transparence (comment les États rendent compte de leurs actions, leurs financements, leurs résultats) ou le degré de flexibilité accordé aux pays les plus pauvres, selon des observateurs.

"Le travail n'est pas terminé, loin de là. De nombreuses divisions politiques demeurent", a déclaré la responsable climat de l'ONU Patricia Espinosa.

"Le moment du consensus et du compromis est venu, pour le bien de tous", a-t-elle lancé aux ministres réunis en session plénière, espérant un accord d'ici la fin de la COP24 prévue vendredi.

Face à ces difficultés, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres devait faire son retour à Katowice, un retour non prévu à son programme, selon une source onusienne.
 
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