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Coronavirus: les greffeurs chinois interdits de retour en Polynésie

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Polynésie, sauvons les perles
Polynésie, sauvons les perles
Suite à l'annonce du gouvernement, jeudi, de suspendre les autorisations de travail des ressortissants de Chine, le secteur de la perliculture s'inquiète. Il emploie à lui seul près de 380 greffeurs chinois, dont beaucoup étaient rentrés chez eux pour les festivités du Nouvel an.
C'est une mesure qui vise à prévenir l'introduction du très redouté coronavirus en Polynésie française. Jeudi, le pays a décidé de suspendre temporairement les autorisations de travail des ressortissants étrangers provenant de Chine ou y ayant séjourné depuis le 30 janvier 2020. Deux secteurs économiques sont principalement concernés : le tourisme, mais aussi la perliculture. Les fermes perlières emploient en effet de nombreux greffeurs chinois.

C'est sur les îles de Rikitea, aux Gambier, et Arutua, aux Tuamotu, que cette mesure se fait le plus sentir.

"Oui, j’ai 5 greffeurs chinois qui sont bloqués en Chine, qui étaient partis pour les fêtes de fin d’année », explique Thomas Esen, perliculteur et président du comité de gestion de Rikitea. Ses employés devaient revenir au mois de février, après avoir passé les festivités du Nouvel-An en Chine avec leur famille.

Ecoutez ses explications, recueillies par Miri Tumatariri.

Thomas Esen


Aline Baldassari dresse un bilan un peu plus inquiétant de la situation. "C’est un gros problème", affirme la présidente de la Tahitian Pearl Association, pour qui cette situation risque d'engendrer de gros retards dans la production de perle.
 

Les récoltes qui devaient être effectuées au bout de 18 mois ou 20 mois … s’il y a personne pour récolter, comment ils vont faire? Soit ils vont récolter eux-mêmes, mais les nacres seront à jeter car ils ne sauront pas les surgreffer (...) donc il y aura une perte de stocks de nacre, alors qu’il n’y en a déjà pas des tonnes. Ensuite à la greffe c’est pareil, toutes les greffes qui auraient pu être faites ne le seront pas, donc il y aura un retard de production de trois mois, et un manque de perles.

Aline Baldassari, présidente de la Tahitian Pearl Association


On estime à 380 le nombre de greffeurs chinois employés dans les fermes perlières de Polynésie française. Les deux tiers de ces greffeurs sont actuellement en Chine pour leur congés, et sont interdits de retour jusqu'à nouvel ordre.