Covid 19 : des choix stratégiques qui font débat

coronavirus
Covid 19 : des choix stratégiques qui font débat
La Polynésie suit les recommandations préconisées par le gouvernement central. Des recommandations souvent critiquées sur les réseaux sociaux où de ne nombreux internautes s’improvisent spécialistes en virologie.
La France a choisi : pas de test massif de la population. Un choix totalement à l’opposé de celui des pays asiatiques telles la Corée ou la Chine. Autres pays, autres mœurs, autre approche d’un virus qui se répand vite, très vite et affole les populations.

En Polynésie, même si le ministère de la santé d’un gouvernement autonome peut proposer d’autres alternatives, on calque la méthode sur celle de la mère patrie. Confinement, interdiction de séjour des touristes.

Ce sont les paquebots qui ont été privés d’escale en premier et maintenant les compagnies aériennes. Il n’y a que deux voies d’entrée dans le pays : le port et l’aéroport, ce qui en simplifie considérablement l’accès.

Reste que de nombreux arrivants, peu ou pas surveillés, se trouvent encore dans le pays et n’ont pu faire l’objet d’une attention particulière.

On passera sur l’épisode désastreux et contre-productif d’envoyer au hasard les voyageurs dans un "hôtel de la côte Ouest", l’Intercontinental puisque tout le monde le sait, mettant au pied du mur une direction prévenue quelques heures avant. Le personnel a t'il eu le temps d’être convenablement préparé ? Une initiative désolante pour les touristes comme pour le Pays et qui a pris de court les responsables de l’hôtel.

Les voyageurs ont finalement été rapatriés au centre d’accueil des sportifs à Pirae. Mais quid de leur surveillance ?

A t-on vraiment l’assurance qu’ils seront confinés encore une dizaine de jours ? Quant aux résidents locaux, leur situation est encore plus ubuesque. Il leur est demandé de rester à l’intérieur de leur domicile. C’est un pari sur la responsabilité individuelle plutôt risqué.

La peur s’est aussi installée au lendemain du premier tour des municipales. La télé, le web ont largement diffusé ces images d’embrassades et d’effusion diverses totalement inappropriées dans un contexte de pandémie.

Certains maires, conscients du danger, ont même expliqué qu’ils ne pouvaient se soustraire à ces longues séances de bisous, sauf à passer pour des "fiers" et qu’ils allaient y perdre des voix. On rêve !!! Mais c’est ainsi. Les changements de mentalité sont encore plus coriaces que ce fameux Covid-19 qui dévore nos vies et nos habitudes.
 

À propos des tests, les informations restent floues : l’institut Malardé en a reçu, semble-t-il, 1 500. 350 ont été utilisés.


Au dernier bulletin officiel du ministère de la santé, six cas ont été confirmés. Alors, pourquoi ne pas détecter massivement à l’instar des grandes puissances asiatiques ? Et bien tout simplement par ce qu’il n’y a pas assez de tests pour toute la population qui souhaiterait s’y soumettre.

Ce qui est inquiétant, c’est que le coefficient multiplicateur de transmission est important : 3 cas en moyenne par individu infecté . Et comme il est impossible de retrouver tous ceux qui ont croisé la route des malades, on peut raisonnablement penser que de nombreuses personnes infectées circulent encore.

Sans compter que l’on peut être porteur sain ou rester contagieux après la guérison. Pour les médecins, le plus important aujourd’hui n’est pas d’éviter l’épidémie, ce qui est impossible désormais, mais de l’étaler sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
 

C’est une priorité : faire en sorte que tout le monde ne tombe pas malade en même temps.


L’hôpital peut accueillir une quarantaine de malades en détresse respiratoire mais pas plus. L’addition sera lourde. Et ce sont les malades à risques qui sont les plus exposés. Car, comme en Italie, en France, en Allemagne et ailleurs l’acharnement thérapeutique ne sera pas envisageable. C’est le fameux "tri" qui fait peur à tous et dont personne ne veut parler. Mais il faudrait être fou pour ne pas y penser.

Aujourd’hui le personnel hospitalier est débordé par la grande peur de l’épidémie. Demain il le sera par les cas avérés de coronavirus et son lot de complications. Pourtant l’espoir doit perdurer au cœur des familles. Partout dans le monde des chercheurs se sont lancés dans une course au vaccin.

D’autres pistes sont explorées par le nouveau ministre de la santé Olivier Véran qui s’intéresse de près aux travaux d’un virologue marseillais. Le professeur Didier Raoult, sommité mondiale en matière de virologie tropicale et qui a travaillé en Polynésie 18 mois, affirme qu’un anti paludique a donné des résultats très positifs.

La chloroquine, connue sous le nom de Nivaquine, a été testée sur 24 patients porteurs du coronavirus. Après 6 jours de traitement , le Covid 19 a disparu chez 75% d’entre eux. Mais le remède peut aussi s’avérer pire que le mal en cas de surdosage. Des essais de plus grande ampleur vont être menés dans le nord de la France. C’est le ministre Olivier Véran qui a donné son feu vert pour cette nouvelle étude.

En attendant, les populations commencent à prendre la mesure du problème. En témoignent les manifestations d’angoisse sur les réseaux sociaux. Les uns s’improvisent médecins, les autres ont vu quelqu’un qui a vu Maina Sage chez le coiffeur, on ressort aussi Nostradamus et ses prédictions apocalyptiques. On pointe du doigt "l’incurie" du gouvernement local comme si Édouard Fritch ou son ministre Jacques Raynal devaient sortir immédiatement une baguette magique et permettre à la Polynésie d’être épargnée.

Autant d’écrits fantaisistes et irresponsables. Notre gouvernement est comme tous les gouvernements du monde : impuissant à balayer hors des frontières ce virus apatride sans le concours total et complet de la population.

Nous n’avons qu’un seul choix : celui de la confiance et du respect des consignes.


 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live