[REPLAY] J'aime qui je veux

documentaire
J'aime qui je veux
©polynésie la 1ère

Invisibles parmi les invisibles, les femmes lesbiennes tentent de vivre « normalement » leur vie de femmes, leur amours ... Le documentaire « J'aime qui je veux » est à voir, lundi 24 mai à 19h40, sur Polynésie la 1ère !

A l’aube du deuxième Référendum sur le Oui ou le Non à l’indépendance, alors que la Nouvelle-Calédonie quelque soit ses tendances, parle de Destin Commun et d’Avenir Ensemble, il existe une communauté qui peine à trouver sa place, qui vit dans l’ombre et le déni de la société calédonienne… la communauté LGBT.

Invisibles parmi les invisibles, les femmes lesbiennes tentent de vivre « normalement » leur vie de femmes, leurs amours, en dépit d’un système coutumier patriarcal qui les rejette, de la pression religieuse, du jugement d’une société qui de par son histoire souvent douloureuse peine à accepter que des femmes puissent sortir du schéma Hétéro-normé…

Qui sont ces femmes ? Comment vivent t’elles le déni général qui les entourent ? Peut-on aujourd’hui aimer qui l’on veut en Nouvelle-Calédonie sans être jugée, pointée du doigts, voire pire… réduite au silence, au néant, enfermée au placard de la société ? Quand on parle de Destin Commun, quelle forme de vivre ensemble la société calédonienne leur propose t’elle à l’orée d’un avenir encore incertain ?

Ce film nous parle des femmes homosexuelles, mais il nous parle surtout des femmes tout court. De leur lutte pour vivre librement, en cohésion avec leur ressenti, leurs idées, leurs projets de vie. Leur engagement, à travers leur choix de vie, à défendre la liberté des femmes à disposer de leur corps, de leur esprit, de leur cœur comme elles l’entendent. Des femmes qui bousculent les lignes des sociétés patriarcales, même si l’objectif n’est pas de se confronter à l’homme mais juste de ne pas être soumise à des schéma prédéfinis qui vont à l’encontre de leurs aspirations individuelles.

Les quatre personnages du film :

ANNIE-CLAIRE DELRIEU

Issue d’une grande famille calédonienne, Annie Claire a décidé très tôt d’assumer son amour pour les femmes… Elle a longtemps habité en brousse et vit aujourd’hui sur Nouméa. Infirmière de métier, elle a passé sa vie au service des autres. Elle a senti son penchant pour les femmes dès l’âge de 15 ans. A 23 ans, elle a décidé de l’annoncer à sa mère.

« Ma mère était une femme extraordinaire, elle m’aimait, c’était ça l’important, que je sois heureuse. Dans la famille Delrieu les femmes ont toujours été des femmes fortes, c’était presque un système matriarcal chez nous ! Jeune j’étais déjà fascinée par 7 une de mes tantes qu’on surnommait « Calamity James » à Koumac… Personne ne lui marchait sur les pieds » « Mon père de son côté a tourné la tête lorsque j’ai voulu faire mon coming-out . Il faisait semblant de ne pas voir, de ne pas comprendre. »

Elle vit en couple et a trois enfants. Une fille biologique et deux enfants adoptés. Elle a été la première femme lesbienne à pouvoir adopter en Nouvelle-Calédonie. « Ici, c’est la famille Benetton », dit-elle en s’amusant… « J’ai une fille métisse antillaise, une autre c’est une chinoise, un autre métis Kanak… La diversité, c’est la vie. Quand on est une femme lesbienne, on a forcément l’esprit ouvert à la diversité, à la différence… C’est ça qui fait l’humanité.»

LUIGINA MORELLI

Luigina Morelli, dit Lulu, 28 ans, divorcée, calédonienne métisse tahitienne et Corse.
Lulu a 28 ans, elle représente la jeune génération. Pour elle, les choses ont été plus faciles au sein de sa famille… Personne n’a jugé quoique ce soit. Elle travaille dans la restauration et est accro au sport. Elle a vécu son premier flirt à 15 ans. Quand le mariage pour tous a enfin été appliqué en Nouvelle-Calédonie, Lulu s’est mariée. C’était une reconnaissance tellement forte, une victoire pour les femmes lesbiennes. Mais comme tous les couple, certains ne tiennent pas les chemins de la vie. Lulu est en instance de divorce.

Luigina cultive sa féminité, elle se sent femme jusqu’aux bout des ongles. Elle porte un tatouage avec deux symboles féminins comme une revendication. « J’ai le droit d’aimer qui je veux » dit-elle avec affirmation. « Les hommes pensent que les femmes n’existent pas sans eux. On a toujours la caricature de la femme lesbienne masculine, mais c’est un cliché. Beaucoup de femmes lesbiennes sont très féminines, je me sens femme dans les bras d’une femme ! Cela inquiète la virilité des hommes, mais ils ne devraient pas… Il n’y a rien contre eux… Mais la femme a bien le droit de s’épanouir en dehors d’eux, il faut qu’ils l’acceptent. »

KAREN

Karen est Kanak, elle a 35 ans.
Karen (nom d'emprunt) participe au film de manière anonyme. Elle vit son homosexualité cachée avec une autre femme Kanak. Dans sa famille l’homosexualité chez les femmes ça n’existe pas… Alors pour ne pas blesser ses parents elle fait comme si elle était « normale ». La Normalité, c’est une question qui l’obsède… Ça veut dire quoi la normalité ? Dans le milieu Kanak, la femme ne peut pas vraiment disposer de son corps librement, elle n’existe qu’à travers l’homme, un Père, un Oncle, un chef de clan… Alors c’est tabou.

« Chez nous la femme a un rôle précis dans la société… Elle n’est pas libre d’aimer qui elle veut… Elle doit aussi aimer pour les liens du clan. Et puis il y a aussi la religion… Au début j’ai paniqué quand j’ai réalisé que je n’aimais pas particulièrement les garçons et que je regardais les filles. J’ai vécu une véritable crise existentielle, j’ai même pensé au suicide. »

MAEVA

Maeva, une Wallisienne de 40 ans. 
Maeva (nom d'emprunt) participe au film de manière anonyme. Elle s’est construite seule car elle sentait le poids des traditions et de la religion. Elle ne voulait pas décevoir ses parents. Alors elle est restée proche d’eux mais a décidé de vivre sa vie de femme dans le non-dit.

« En fait ce n’est pas tant pour moi que j’avais peur car quand on vit une histoire d’amour, au final le regard des autres n’est pas si important. C’est pour ma mère et mon père. Je ne voulais pas qu’ils soient montrés du doigts… Il y a tout de même des gens qui pensent encore que l’homosexualité est une maladie ! Le regard des gens sur moi, je pourrais accepter, même si il est malveillant, mais je ne veux pas qu’on dise à mes parents « ta fille elle est comme ci ou comme ça… » Je dois les protéger de la méchanceté de ceux qui jugent les femmes homosexuelles.»

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