Le groupe Tahiti Beachcomber en plein brouillard

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Intercontinental Tahiti ©BRIGITTE OLIVIER/POLYNESIE LA 1ère
Le deuxième employeur privé du pays, le groupe TBSA (Tahiti Beachcomber S.A) est en grande difficulté, avec la crise du coronavirus. 1 100 personnes sont actuellement employées par la société qui compte 7 hôtels en Polynésie et qui assure la gérance d’un 8e établissement.
 
Richard Bailey, le fondateur du groupe TBSA est en pleine tourmente.

Alors qu’il n’a jamais procédé à un licenciement économique en 30 ans, même après la crise des sub-primes de 2008, il se retrouve face à une crise financière inédite.

Le secteur de l’hôtellerie haut de gamme étant entièrement dépendant du flux touristique, il ne pense pas au déconfinement comme à une soupape qui lui permettrait de reprendre une activité normale.
La clientèle locale ne représentant que 8% du chiffre d’affaires.

Tant que les liaisons aériennes internationales ne reprennent pas, tant que les touristes ne reviennent pas, il ne voit pas comment il va négocier cette étape très compliquée, qui plonge tous les pays à vocation touristique dans une récession profonde et durable.

Le groupe compte 1100 salariés, qui font vivre une moyenne de 5000 personnes.
Sans compter tous les emplois indirects générés : commandes de vivres frais, services divers qui permettent d’assurer une activité rémunérée à 4000 prestataires supplémentaires.
 

Perspectives d’avenir


Le PDG ne cache pas son pessimisme .
18 mois au moins seront nécessaires pour que la Polynésie retrouve sa fréquentation touristique de 2018 et 2019.
Et la crise pourrait se prolonger.

Le groupe a perdu 60% de son chiffre d’affaires en mars et atteindra le niveau historique de 100%  de pertes à la fin du mois d’avril.

Tous les hôtels TBSA sont fermés depuis le 20 mars.
Ne restent dans les locaux que 20 personnes à Tahiti et quelques autres dans les îles pour assurer la maintenance et la sécurité.
 

Priorité à l’emploi


Pour le moment, TBSA liquide les congés payés de ses employés.
Pour la suite, Richard Bailey a fait ses comptes. Il peut emprunter à l’Etat par le biais du PGE (Prêt Garanti d’Etat).

Mais c’est une dette de plus qui se cumulera à la dette actuelle et pour laquelle il faudra payer des intérêts.

Ce dispositif, il envisage de l’utiliser pour payer les salaires de Mai, Juin et Juillet.

Mais il ne pourra aller au-delà, les charges salariales se montant à 350 millions de FCP par mois.
Et pourtant, alors que tous les autres établissements hôteliers sont dans la même situation, aucune structure du Pays ni de l’Etat ne prépare une ré-ouverture des frontières.

Elle sera pourtant indispensable, au risque de voir tout le secteur s’effondrer, anéantissant tous les efforts et les bons résultats obtenus ces deux dernières années.

Pour Richard Bailey, la seule voie possible en attendant des jours meilleurs est une aide massive de l’Etat qui pourrait s’opérer en finançant un chômage partiel de 80% à tous les salariés de l’hôtellerie, en attendant que le ciel se dégage.

Il y va de la survie de milliers de Polynésiens.
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