Moorea : l'immobilier flambe, les habitants mécontents

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Moorea
©Polynésie la 1ère
A Moorea, investir dans la pierre est devenue presque inaccessibles aux ménages polynésiens. Ce phénomène répond à un calcul mathématique où plus il y a de demandes, moins il y a d’offres et par conséquent les tarifs s’envolent. Au grand désarroi des primo-accédants.

A seulement 18 km de Tahiti, Moorea se dessine comme une véritable échappatoire post-covid. Ici, dans le domaine foncier, la demande est bien plus élevée que l’offre. Résultat : se loger coûte très cher, il faut débourser 85 000 Fcfp par mètre carré en moyenne. "À terme, on sait que ça va chasser la population. La génération future, quand ils vont grandir n'auront absolument aucun moyen, s'ils n'héritent pas d'une terre, de se l'acheter. Donc, il va falloir s'ils veulent se loger, trouver du travail, immigrer au moins sur Papeete et devenir des Tahitiens de Tahiti et non plus des taata Moorea", explique Dominique Leoture du collectif Paetou. 

En moins de cinq ans, le prix de l’immobilier sur l’île sœur a subi une hausse de 50%. La démographie est en évolution constante avec la formation de nouveaux foyers mais l’île d’une superficie de 134 km2 n’est pas extensible. Alors, la question à se poser est : qui peut accéder à la propriété ? "Je dirais qu’à 95% c’est des locaux. Il n'y a pas énormément d'étrangers qui achètent (...) Il y a trente étrangers qui s'installent tous les ans en Polynésie française (...) Ce n'est pas les étrangers qui font changer le prix", estime Jacques Menahem, gérant d’une agence immobilière.

 

Tout doit être mesuré de manière à ce qu'il n'y ait pas ce boom en matière de développement économique et qui va faire que Moorea va devenir une deuxième ville de Papeete

Christiane Kelley, conseillère municipale. 

 

"Nous savons que Moorea, c’est l’eldorado de la Polynésie car c'est juste à côté de Tahiti. Tout le monde veut venir vivre à Moorea et beaucoup de personnes veulent jouir de cette qualité de vie dont nous bénéficions aujourd'hui au sein de notre île. Mais, nous disons que cette qualité de vie elle a aussi un prix. Tout doit être mesuré de manière à ce qu'il n'y ait pas ce boom en matière de développement économique et qui va faire que Moorea va devenir une deuxième ville de Papeete", détaille de son côté Christiane Kelley, conseillère municipale. 

En coulisse, le gouvernement se penche sur une nouvelle loi visant à protéger l’accès à la propriété. Elle concernerait les personnes attestant d’une résidence de 5 ans minimum au fenua. Affaire à suivre…