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Bruno Barrillot est décédé

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Bruno Barrillot
©Polynésie 1ère
La nouvelle est tombée dans la matinée de ce samedi 25 mars. L'expert des essais nucléaires, Bruno Barrillot, est décédé des suites d'une maladie. Il était hospitalisé depuis quelques semaines au CHT. "C'est une énorme perte", confie Roland Oldham, président de Moruroa e tatou.
L'expert indépendant, cofondateur de l’Observatoire des armements en 1984 ainsi que des associations Aven et Moruroa e Tatou en 2001, a rendu son dernier souffle. Bruno Barrillot est connu pour son combat pour la reconnaissances des dégâts sur la flore, la faune, et bien-sûr, les populations provoqués par les essais nucléiares de la France dans le Pacifique entre 1966 et 1996, mais aussi en Algérie et au Japon.

Depuis 1985, suite au scandale du Rainbow Warrior, Bruno Barrillot s’est entièrement consacré à l’évaluation des conséquences des essais nucléaires français en Polynésie française. Dès le début des années 90, il est à la tête du combat pour la reconnaissance des dégâts sur la flore, la faune et les populations, provoqués par les essais nucléaires entre 1966 et 1996. Il a notamment réalisé de nombreuses enquêtes de terrain pour attester des effets de ces expérimentations sur la population locale et les vétérans. "C'est une perte catastrophique de perdre un homme de cette trempe", confie ému Roland Oldam. Le président de Moruroa e Tatou a longtemps travaillé aux côtés de cet expert. "Il a consacré sa vie à ce combat. Il était notre expert, notre référence. C'est quelqu'un qui a dénoncé contre vents et marées les méfaits de l'Etat français".

Un expert reconnu


En 2005, Bruno Barrillot est appelé par le gouvernement d’Oscar Temaru pour diriger la commission d’enquête sur les essais nucléaires. L'Assemblée nomme l'expert délégué polynésien pour le suivi des conséquences des essais nucléaires. Durant huit ans, la commission a fourni de nombreux rapports et recommandations, notamment sur la prise en compte de la santé des victimes des essais. Mais, en 2013, lorsque Gaston Flosse revient au pouvoir, le gouvernement polynésien met fin à ses fonctions.

Finalement, en juillet 2016, Bruno Barillot est rappelé par le nouveau président du pays, Edouard Fritch. Il est de nouveau à la tête de la délégation polynésienne pour le suivi des conséquences des essais nucléaires. Il devient notamment un interlocuteur privilégié avec l’Etat français concernant la loi Morin.

"Une preuve d'amour"


L'homme qui s'est battu jusqu'au bout pour les victimes du nucléaire et le peuple polynésien, désirait plus que tout construire un centre de mémoire du nucléaire dans le Pacifique. Un projet qui lui tenait à coeur mais dont il ne verra pas l'aboutissement. "Je m'en veux, j'en veux au gouvernement, et un peu aussi aux Polynésiens. Nous n'avons pas su juger utile ce projet, ni reconnaître la valeur de son travail. Et, les gouvernement successifs n'ont pas su concrétiser ce projet. C'est une catastrophe", confie le président de Moruroa e tatou, qui avec la mort de John Doom il y a peu, ne cache pas que le décès de Bruno Barrillot est un nouveau un coup dur pour l'association.

Bruno Barrillot a souhaité finir ses jours en Polynésie et se faire enterrer au fenua. "C'est une preuve d'amour pour le peuple polynésien.", conclut Roland Oldham.
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