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Couac au tribunal correctionnel : une enquête administrative ordonnée

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©Polynesie 1ere
L'affaire est inédite. Une juge de Polynésie a relâché trois prévenus en comparution immédiate, lundi 6 juillet. Elle a suspendu la séance en raison "de l'absence d'un représentant du ministère public". Selon le procureur de la République de Papeete, la loi est contre elle. 
"Je n 'ai jamais vu cela en 36 ans de carrière ! ", s'est exclamé le procureur de la République, José Thorel, auprès de nos journalistes qui l'ont interrogé concernant le dysfonctionnement judiciaire survenu en début de semaine.  "L'enquête administrative menée par la direction des services judiciaires devrait conclure, dans les jours prochains, à une "décision irrégulière"", a ajouté le procureur. Alors en congé, ce dernier a dû raccourcir ses vacances pour régler ce couac judiciaire dont la presse locale mais aussi française et étrangère se sont faits échos.
Couac au tribunal correctionnel - Natacha Szilagyi / Jérôme Lee



Prévenu des faits par le procureur de la République, le ministère de la justice à Paris a ordonné une enquête administrative afin de mieux comprendre ce qu'il s'est réellement passé au tribunal correctionnel de Papeete, lundi 6 juillet. 

La juge risque la mutation ou même la révocation


Retour sur les faits. Lundi 6 juillet, vers 14h, trois prévenus doivent passer en comparution immédiate. L'un est un récidiviste accusé de viol et d'agression sexuelle, le second a été arrêté après avoir braqué un gérant de "roulotte" avec un fusil à plomb, à Pueu. Quant au troisième, ce dernier devait être jugé pour vol de scooters. Mme Denise Lacroix, juge et présidente de la "comparution immédiate" ce jour là, décide de lever la séance à 14h20. La raison invoquée ? L'absence du vice-procureur Michel Bannieu, qui avait pourtant prévenu de son probable retard à l'audience. Sans même avoir été jugés, les trois prévenus sont relâchés. 

Ce dysfonctionnement judiciaire inédit en Polynésie française, jette le trouble sur la justice. D'autant que ce couac ne peut s'expliquer par un "manque d'effectifs" puisque même, en cette période de vacances, le nombre de personnes prévues pour cette audience était le même que d'habitude. Selon le procureur de la République,  si "l'irrégularité" de la décision est démontrée, la juge risque l'avertissement, le blâme, la mutation d'office ou encore la révocation.

Silence radio autour de ce couac judiciaire 


Ce mercredi 8 juillet, deux jours après les faits, dans les couloirs du tribunal, tout le monde fuyait les caméras. De leurs côtés, les avocats resserrent les rangs du clan judiciaire. Interrogées brièvement, certains, comme Maître Gilles Gudiakan, le représentant du bâtonnier, prétendent ne pas être au courant malgré les informations publiées dans la presse. 



D'autres, comme Maître Hadrinen Gratirola, s'avancent en jugeant cette affaire "choquante"


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