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Du Tiurai au Heiva, l’histoire d’une célébration qui a évolué

Le Heiva n’a pas toujours existé et a même été créé de toute pièce. Thomas Teriiteporouarai, journaliste de Polynésie La 1ère s'est livré au difficile exercice du résumé historique. Récit. 

  • Thomas Teriiteporouarai ; Polynésie La 1ère
  • Publié le , mis à jour le
En septembre 1984, la Polynésie Française bénéficie d'un nouveau statut qui est l'aboutissement d'un processus institutionnel débuté en 1957 avec l'adoption par le parlement français d'un statut plus autonome issu de la loi cadre Defferre.

Pouvana'a a Oopa devient le premier vice-président du gouvernement et le représentant de l'Etat, que l'on appelait alors le gouverneur, en sera le président. A partir de cette nouvelle configuration de gouvernance, le territoire va connaître différents évènements politiques, sociaux et culturels.

L'installation de la Ve République, l'arrestation de Pouvana'a a Oopa, le lancement de la politique de dissuasion nucléaire française et l'apparition de nouvelles personnalités politiques telles que Francis Sanford, John Teariki et Gaston Flosse.

Francis Sanford avec sa nouvelle formation politique le E'a 'Api reçoit le soutien des héritiers idéologiques du Metua par la voix du Here 'Ai'a de John Teariki. Ensemble, ils affirment pour la première fois une volonté autonomiste réelle.

Le statut de 1957 commence à perdre un peu de sa touche étatique et dès 1977, l'expression « autonomie de gestion » fait débat au sein même des sympathisants des uns et des autres camps. Le Taho’era'a Huira'atira de Gaston Flosse s'oppose très fortement au principe même d'une autonomie plus large et pourtant, le leader du parti orange va réaliser le rêve de ses prédécesseurs immédiats : l'autonomie interne est adoptée par le parlement le 8 septembre 1984. Dès lors, les modifications consécutives à la nouvelle allégeance obligent les instances autochtones à une promptitude de mise en place.

Première à s'inscrire dans le mouvement rénovateur du souffle re-qualificateur statutaire, la culture et plus précisément, le Tiurai. Tahitianisation du mot anglais July en référence à la commémoration du 14 de ce mois de juillet de l'année de grâce 1881 autour de laquelle, par la volonté de l'administration coloniale, les polynésiens deviennent citoyens français et se doivent de fêter la prise de la Bastille comme les hexagonaux.

Du fait de leur attachement à leur propre culture, les ta'ata Tahiti ne tardent pas à donner de la couleur à l'aspect rigoriste de la cérémonie Républicaine. Le Tiurai, son défilé militaro-populaire, ses concours de chants et danses, ses courses de pirogues et de porteurs de fruits, son bal du 14 juillet devenaient la référence en matière de folklore.

Tout le faste des manifestations qui en découlent est la conséquence de la  forte personnalité du nouvel homme fort du pays, Gaston Flosse, qui bouscule les legs du passé. Une date retient l'attention des dirigeants pour marquer le début d'une page d'histoire - le 29 juin - elle fait encore polémique 35 ans plus tard.

En revanche, la mise hors d'usage de l'expression Tiurai donne lieu à un choix terminologique sur lequel l'Académie Tahitienne apportera tout son savoir. Il reviendra à Nedo Salmon, académicien et président du Jury de Vaiete d'annoncer la nouvelle appellation de la fête du Tiurai qui débute désormais à la fin du mois de Juin : le HEIVA. Le Hivavaevae et tous ses à-côtés étaient nés. 

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