Enquête : le travail au noir, une pratique courante au fenua

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©francetv.fr
Ces derniers mois, plusieurs affaires de travail au noir ont été mises en lumière à travers les médias. Des centaines de personnes se sont faits léser par des employeurs peu scrupuleux.
Au début de semaine, des travailleurs de ferme perlière dénonçaient auprès de nos journalistes être victimes du travail au noir. Suite à cette affaire, la rédaction a mené une enquête sur cette pratique qui malheureusement se répand de plus en plus au fenua. Une pratique pourtant illégale puisque le travail non déclaré est un délit. Au-delà de l'aspect juridique, cette fraude sociale a également des conséquences néfastes : concurrence déloyale, manque à gagner pour le Pays, et, bien sûr, des effets sur les recettes en matière de cotisations sociales. En effet, la CST, la Contribution de solidarité territoriale, se voit amputer d’une part importante de ses ressources.

Mais, malheureusement, il est quasi Impossible de coincer les fraudeurs. Ils ne sont  qu'une dizaine d'agents au service de contrôle de la CPS pour gérer 60.000 salariés, 10.000 inscrits au régime des non salariés, et 80.000 au RSPF. Et, pour contrôler les 6 000 employeurs enregistrés, il faudrait au minimum cinq ans à ces agents. Une mission quasi impossible...Alors, bien souvent, ceux qui travaillent au noir sont démasqués sur dénonciation. Jacqueline Cassel, chef de service adjointe au contrôle de la Caisse de Prévoyance Sociale, confie en recevoir toute les semaines. "Sur 183 contrôles, 615 situations salariales ont été contrôlées, 144 n'étaient pas déclarées soit 23 %. Et, cela concerne tous les secteurs".

En Polynésie française, un employeur risque un mois de prison ferme et 5 millions fcp d'amendes en cas de dénonciation de travail dissimulé. De leur côté, les travailleurs au noir prennent des risques puisqu'ils ne bénéficient d'aucune protection sociale. Depuis l'année dernière, la CPS a ouvert un service en ligne pour faciliter les démarches. Les employeurs peuvent donc désormais faire leur déclaration sans se déplacer.

Écoutez le reportage complet de notre journaliste Heipua Teuira-Van Bastolaer

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