Coronavirus : privés de parloir, les prisonniers se font entendre

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La Commission nationale consultative des droits de l'homme dénonce les conditions de détention à Nuutania
Prison de Nuutania. ©Polynésie 1ère
Ce week-end la prison de Nuutania a résonné de clameurs inhabituelles, entendues par les habitants des environs. La tension est montée d'un cran après l'interdiction des parloirs et des colis par mesure de sécurité sanitaire. 
La crise du coronavirus se fait durement sentir à la prison de Nuutania. Aucun cas de Covid19 n'y est signalé pour l'instant, mais les parloirs sont interdits depuis le mercredi 25 mars, pour éviter que le virus ne rentre dans ce milieu confiné où il serait ensuite difficile à contenir. 

Les détenus ont aussi vu leur vie quotidienne bouleversée par bien des aspects : il n'est plus possible d'y recevoir des paquets venus de l'extérieur, les sorties dans la cour sont limitées à des groupes de 30 personnes mais leur durée a été rallongée à 1h30 par jour contre une heure en tant normal, certains regroupements comme le culte de 18h ont été annulés, ainsi que les cours donnés par certains enseignants...

A deux reprises, samedi et dimanche soir aux alentours de 18h, les détenus se sont donc fait entendre, un tapage qui est selon Alice Fatuma, représentante du syndicat FO pénitentiaire, " une habitude chez les détenus et surtout vu la présence des journalistes sur place, qui les a encore plus excités".  Le samedi c'est une coupure de courant qui aurait initié ces manifestations de mécontentement. 

Toujours selon le Syndicat FO,  le personnel pénitentiaire est équipé correctement de masques et de gants, mais du côté des prisonniers, si le Covid-19 pénétrait au sein de cette prison surpeuplée, ce serait "une hécatombe".

A Nuutania il y a 284 détenus soit un taux d'occupation de 150%. En janvier dernier, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait condamné la France pour les conditions de détention dans plusieurs prisons surpeuplées, dont celle de Nuutania. 
 
Privés de parloir, les prisonniers se font entendre