Ferme aquacole de Hao : Coco Taputuarai demande la clémence de la cour d'appel

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L’entrepreneur comparaissait en appel ce jeudi 17 septembre, poursuivi pour "faux et usage de faux" dans l’affaire du chantier de la ferme aquacole de Hao. La même peine qu'en première instance a été requise en appel. La justice rendra sa décision le 15 octobre prochain.
Coco Taputuarai avait été condamné à 3 ans de prison avec sursis en première instance et une interdiction définitive d’exercer une activité de gérance. Pour l’avocat de Coco Taputuarai, Me Arcus Usang, c’est un règlement de compte : l’architecte d’alors, Ronald Lee, mécontent de n’avoir pas été payé pour ses deux dernières factures, a porté plainte contre l’entrepreneur.

Il plaide que c’est Wang Cheng, le Pdg de Tahiti Ocean Foods à l’origine du projet de ferme aquacole à Hao, qui est venu lui-même chercher Coco Taputuarai en lui demandant de "créer une société qui ne ferait que ça [de la maîtrise d’ouvrage ndlr]". Il s’exécute en créant Coco Group Engineering, aujourd’hui liquidée. Car l’entrepreneur, titulaire d’un certificat d’études, a déjà réalisé Aorai Tini Hau, le siège de la CPS ou encore l’aéroport de Raiatea.

En 2016, Coco Taputuarai remet 105 plans au service de l’urbanisme concernant le projet aquacole de Hao. Problème : au mois de juin, le service émet quelques réserves. Coco Taputuarai rectifie. Mais, entre temps, l’architecte aurait mis fin à sa mission pour des factures non payées. L’entrepreneur aurait alors réutilisé le cartouche de l’architecte pour 16 plans, "comme si les plans avaient été validés par un architecte professionnel".


"Je me suis fait avoir"


Le permis de construire est accordé en septembre 2016. "Un architecte qui n’en est plus un, plaide Me Arcus Usang, puisque suspendu provisoirement en 2015 par le Conseil des architectes, pour une raison que j’ignore. Il n’avait donc plus de travail. Quand il opère pour Coco Taputuarai, il n’est donc plus architecte. […] Aucun acte, aucune preuve ne démontre que Ronald Lee validait les plans. Ce n’était pas sa mission. Il était architecte conseil, il donnait un avis." Un architecte qui a donc "intérêt à se présenter comme une victime aujourd’hui" termine l’avocat de la défense qui plaide la relaxe.
 
A la barre ce jeudi matin, Coco Taputuarai reconnaît avoir utilisé frauduleusement le cartouche de l’architecte pour tamponner ses plans, "mais les 16 plans ne sont pas faux" répète-t-il. La présidente s’agace : "si vous apposez un cartouche frauduleusement, les 16 plans deviennent faux."
 
Pour cette mission, Coco Taputuarai aurait empoché 176 millions de Fcp. Mais aujourd’hui, la société Tahiti Nui Ocean Foods l’accuse d’être responsable du retard du projet, en raison des plans qu’il a fallu refaire entre 2016 et 2019. "C’est un contrat chinois, explique l’entrepreneur à la sortie de l’audience. Je me suis fait avoir. Et maintenant, ils se servent du dossier pour justifier jusqu’à 5 ans de retard."
 
Dans ses réquisitions, l’avocate générale a demandé la confirmation des peines prononcées en première instance à l’encontre de Coco Taputuarai, à savoir : 3 ans de prison avec sursis, l’exclusion de tous les marchés publics, une interdiction définitive d’exercer une activité de gérance et 50 millions de Fcp de dommages et intérêts à verser à la société Tahiti Nui Ocean Foods. La cour d’appel rendra sa décision le 15 octobre prochain.
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