L’impact économique du confinement a été immédiat

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L'impact économique du covid
©Polynésie.la1ère
Dans son point de conjoncture de juillet, l’ispf détaille l’impact de la crise covid sur l’économie locale. 34 % de baisse d’activité au premier semestre et un secteur touristique fortement impacté. Analyse.
 
L'impact économique du confinement a été immédiat en Polynésie française. C’est la constatation faite par l’institut de la statistique de Polynésie française.
 

34 % de baisse d’activité au premier semestre


Le premier cas de Covid-19 apparaît en Polynésie française, sur l’île de Tahiti, le 12 mars 2020. Le confinement de la population débute le 23 mars et durera jusqu’au 29 avril, date de l’allègement du confinement. Ces mesures prises pour endiguer la crise sanitaire ont de lourdes conséquences sur l’activité économique ; ainsi, la perte d’activité immédiate liée au confinement est évaluée à 34 %.
 

Le secteur touristique en première ligne, 60 % de baisse de fréquentation


Le développement rapide de la pandémie sur l’ensemble des continents, la fermeture du ciel aérien américain et les mesures de confinement prises localement, avec l’arrêt des croisières et du trafic aérien pour les touristes, bousculent très sévèrement l’industrie touristique en mars avec une chute de la fréquentation de 60 % par rapport à mars 2019 .

Cette crise du tourisme, sans précédent par son ampleur, touche l’ensemble des archipels, mais plus encore les îles dont le tourisme est le principal fournisseur d’emploi comme Bora-Bora (56 % des emplois), Rangiroa (31 % des emplois) et dans une moindre mesure, l’île de Moorea (27 % des emplois).

Le secteur du tourisme représente directement 8 % du PIB et 15 % des emplois salariés équivalent temps plein (ou emplois ETP) du secteur marchand en 2018.
 

Pas de transports, pas d’exportations : la perle et la pêche première victimes


Les exportations de biens locaux reculent de 48 % au premier trimestre 2020, soit une diminution de 1,2 milliard de F.CFP en valeur par rapport à 2019.
Tous les biens locaux habituellement exportés sont touchés. Déjà en grande difficulté en 2019, les exportations de produits perliers diminuent de 65 % au premier trimestre avec la fermeture des frontières chez nos principaux acheteurs : Hong Kong et le Japon représentaient plus de 90 % des ventes en 2019. Le secteur fait également face à la suspension des autorisations de travail des greffeurs chinois bloqués en Chine depuis mars. La production est donc retardée et la trésorerie des perliculteurs s’épuise.

La filière pêche perd aussi brutalement deux de ses clients qui ont stoppé leurs achats au moment du confinement : la branche restauration et hôtellerie consomme 20 % de la production vendue localement et les États-Unis captent 90 % de la production exportée. Les exportations de produits issus de la pêche baissent de 37 % en valeur.

Aucun secteur n’a été préservé, les recettes de la vanille baissent également de 45 %.
 

Le climat des affaires a chuté


Une crise économique rapide et inédite La crise sanitaire mondiale et la mise « sous cloche » de l’économie polynésienne ont un impact fort sur l’activité du secteur marchand et l’emploi. Au premier trimestre, le climat des affaires chute de 31 points à 82, niveau le plus bas depuis la crise de 2009. Les chefs d’entreprise sont pessimistes sur le futur de leur activité, leur trésorerie, une éventuelle augmentation de leurs effectifs salariés et leurs projets d’investissement.
 

Quatre salariés du privé sur dix travaillent dans un secteur impacté


Les craintes sur les conséquences sociales de la crise sont fortes. Quatre salariés du secteur privé sur dix travaillent dans des secteurs fortement impactés par la crise où la baisse d’activité atteint au minimum 50 %. C’est également le cas pour une grande partie des non-salariés. Les effectifs salariés massivement concernés sont ceux de la branche hôtellerie restauration (6 000 salariés ETP), des transports (4 500 salariés ETP) et des activités de service aux ménages (2 000 salariés ETP). Ainsi, d’après l’enquête COVID du CEROM, sept entreprises sur dix n’avaient aucun salarié ou peu à leur poste de travail pendant le confinement, notamment la quasi-totalité des entreprises de l’hôtellerie et des services touristiques ainsi que neuf entreprises sur dix de la restauration.
 

Les administrations ont elles, joué un rôle d'amortisseur, elles ont réussi à maintenir leur activité


Les secteurs principalement non marchands (administrations publiques, enseignement, santé humaine et action sociale) jouent un rôle d’amortisseur des crises économiques en Polynésie française. Avec un poids de 30 % dans l’économie polynésienne contre 20 % au niveau national, les branches des services non marchands ont maintenu 100 % de leur activité par rapport à la normale. Les agents de l’État et de la Polynésie ont continué autant que possible d’assurer leurs missions, même si l’exercice de leur activité a pu être perturbé. Ainsi, malgré la fermeture des 256 établissements d’enseignement de la collectivité, les services de l’Éducation ont mobilisé l’ensemble des enseignants pour assurer la continuité.


Retrouvez le rapport détaillé sur le site de l’ispf 
 
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