Inauguration du FIFO : un festival pour « dire notre parole au monde entier »

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Inauguration du FIFO 2022 ©Lucie Rabreaud
Plusieurs personnalités de l’État, du Pays et du FIFO, se sont relayées au micro sous le banian pour inaugurer l’édition 2022 du festival. Un bonheur pour tous de se retrouver à nouveau, physiquement, sur le paepae a Hiro, pour célébrer l’Océanie et ses histoires.

Comme chaque année, c’est en chanson que s’est ouvert le FIFO. « Faatara te reo o te raatira fare, te parau raa mai te mai tamarii… »

La chanson du FIFO et son célèbre refrain « taurua FIFO, FIFO, FIFO… » ont même fait verser quelques larmes aux organisateurs, émus d’entendre à nouveau cette chanson entonnée par le personnel de la Maison de la culture et tous ceux qui œuvrent à l’organisation du festival.

« Ça fait du bien de vous entendre, ça fait du bien d’être sur ce paepae ! » s’est enthousiasmée Miriama Bono, présidente de l’association du FIFO, précisant que déjà ce week-end pour le Off, des personnes de toute l’Océanie se sont connectés au site du festival. « Bien sûr il y a eu des spectateurs de la Nouvelle-Calédonie, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, mais aussi des Samoa, de Fidji, du Vanuatu. C’est le rayonnement que nous attendons tous, c’est le FIFO qui se réalise ! »

Emmanuel Kasarhéou, président du musée du Quai Branly et président du jury du FIFO, a ensuite pris la parole, s’émerveillant de revenir à Tahiti pour cet événement phare du Pacifique, « c’est comme revenir à la maison ». « On éprouve de la joie d’être en famille. Parler sous un banian, ça veut dire beaucoup, c’est la plante qui fait le lien entre nous, les vivants, et ceux qui nous ont précédé sur la terre. Cet arbre aux multiples rejets parle de nous : il y a un tronc et toutes ces racines, c’est nous, le peuple de l’Océanie et notre diversité. C’est ce que j’aime au Fifo : je suis à la fois chez moi et à la fois invité. »

Le président du jury a également dit son impatience de rentrer dans une salle obscure pour voir les films, « s’asseoir dans le noir, comme autrefois à la veillée, pour écouter des histoires ».

Le FIFO est aussi pour Emmanuel Kasarhéou l’occasion de « dire notre parole au monde entier ».

Luc de Saint-Sernin, directeur du développement international du pôle Outre-mer pour France télévisions, a redonné quelques chiffres prouvant l’engagement de la chaîne pour la visibilité des Outre-mer : « En 2021, le pôle outremer de France télé a coproduit une centaine de documentaires. Ils sont visibles sur France 3, France 5 et sur notre portail internet. Jamais les documentaires outre-mer n’ont été aussi visibles. Cela représente 2,5 millions d’euros d’investissement, du jamais vu. »

Il a également précisé que l’Outre-mer est aux avant-postes des défis de notre planète et invité les réalisateurs et les producteurs à explorer les Outre-mer, à défendre leur point de vue et à faire résonner leurs voix pour raconter le Pacifique, loin des clichés et du folklore.

Jean-Christophe Bouissou, vice-président du gouvernement de la Polynésie française, a salué la résilience du festival qui s’est réinventé en proposant une édition physique et numérique. « C’est l’opportunité formidable de faire voyager encore plus loin nos images et nos histoires. Finalement, le FIFO réalise le rêve de ses fondateurs : faire circuler les images de l’océanie. »

En tant que témoin et acteur des changements de notre société, le festival porte loin la parole des Océaniens. Jean-Christophe Bouissou cite l’écrivain et anthropologue fidjien, Epeli Hau’ofa : « We are the ocean. »

Le grand Pacifique n’est pas une séparation mais le lien des îles de l’Océanie. Alors que Miriama Bono reprend le micro pour le passer au Haut-commissaire, un petit oiseau se pose délicatement sur son pied. « Ah ! C’est un bon présage ! » rigole-t-elle.

Dominique Sorain commence par féliciter le spectacle : « Que de répétitions pour en arriver à quelque chose comme ça : bravo ! » Le petit oiseau finit par quitter le pied de Miriama Bono mettant un terme à cette jolie parenthèse. « Le FIFO permet de satisfaire sa curiosité à travers la richesse des programmes. Ce n’est pas seulement des images , c’est un festival qui amène à s’interroger, à réagir, qui nous étonne, nous met en colère aussi parfois ! » explique le Haut-commissaire avant de féliciter les organisateurs pour leur « engagement à explorer tous les territoires ».

« Longue vie au Fifo et surtout bonne semaine ! » conclut-il, avant de s’installer avec tous les partenaires et organisateurs du festival pour une photo de famille.