Confinement et manque d'alcool : les violences conjugales en hausse

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L'interdit de l'alcool devait servir à limiter les violences conjugales visiblement il n'en est rien. Ces violences sont en hausse d'après les associations. En parallèle, dans une lettre ouverte, un avocat de Papeete interpelle le gouvernement sur cette mesure qu'il estime complètement inappropriée.

La Polynésie, seul pays au monde à avoir interdit l'alcool


La mesure est censée faire diminuer les violences conjugales. Visiblement d'après les associations d'aide aux femmes victimes de violences il n'en est rien. Bien au contraire le confinement a fait augmenter les signalements. A tel point que le centre d'accueil pour femmes battues Pu No Te Hau a décidé de ré-ouvrir ses portes pour accueillir les femmes en détresse.

Il y a plus de violences et cela est dû principalement à l'interdiction de l'alcool [...] les personnes dépendantes ne savent plus comment gérer leurs émotions, il suffit d'une petite chose pour que le feu puisse prendre - Rowena Tuhoe, directrice du centre Pu No Te Hau

D'après cette association, les appels de détresse et les demandes d'hébergement d'urgence se sont multipliés depuis le début du confinement.

Retrouvez ci-dessous Rowena Tuhoe interrogée par Heiata Buluc :
 

Vente d'alcool : « il est interdit d'interdire »


C'est par cette formule choc que s'ouvre la lettre ouverte de Laurent Curt, avocat au barreau de Papeete. Ce dernier dénonce une mesure qu'il estime totalement injustifiée. Il fait peu ou prou le même constat quant a l'effet sur les violences conjugales

S’agissant des violences intra-familiales, le nombre de plaintes a effectivement baissé très sensiblement, mais encore une fois, depuis le début du confinement, et non en raison de l’interdiction de la vente d’alcool.
Ce phénomène est parfaitement logique : il est beaucoup plus difficile pour une victime de violences intra-familiales de dénoncer son agresseur, lorsqu’elle est confinée avec lui. [ ...]
 Il y a donc fort à parier que le nombre de plaintes va augmenter de façon exponentielle à la sortie du confinement, pour des faits s’étant produits pendant celui-ci.

L'avocat dénonce par ailleurs une mesure qui revient à punir l'immense majorité de la population à cause des dérives et excès de quelques-uns.
 

Une fausse bonne idée

 

L’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA), interrogée par LCI sur la mesure prise en Polynésie, l’a confirmé : c’est « une fausse bonne idée ».
Selon cette association, le sevrage brutal va entraîner chez certains buveurs dépendants des conséquences pouvant être plus sérieuses que le maintien de la consommation, même excessive.
Et surtout, elle ne manquait pas de conclure que « tous les buveurs dépendants ne sont pas violents et toutes les personnes violentes n’ont pas besoin d’alcool pour passer à l’acte »...

Retrouvez ci-dessous l'intégralité de la lettre ouverte de Laurent Curt :

Il est interdit d'interdire

 
interdiction de l’alcool, les violences familiales en hausse


 
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